POINT DE VUE

Demain, tous les diabétiques au régime hyperprotéiné?

Dr Boris Hansel

Auteurs et déclarations

22 août 2016

Le blog du Dr Boris Hansel - Diabétologue et nutritionniste

This feature requires the newest version of Flash. You can download it here.

La place des protéines dans le régime alimentaires des diabétiques de type 2 est un sujet d’actualité. Il fait l’objet d’une littérature abondante et récente. Il est par ailleurs abordé de plus en plus fréquemment en consultation par des patients qui posent des questions, et qui, parfois,  ont sauté le pas, adoptant d’eux-mêmes un régime hyperprotéinés.

« On voit en consultation des patients jusque-là mal contrôlés, qui se présentent avec une HbA1c < 7%, sans avoir modifié leur traitement », rapporte le Dr Hansel.

Les données scientifiques qui s’accumulent montrent qu’effectivement, certaines protéines ont un effet  insulinosecréteur. Il peut être difficile de distinguer l’effet des protéines proprement dites de celles des nutriments qui leur sont associés, dans les aliments. Mais certains travaux menés sur les protéines du lait, notamment, confirment une action sur le métabolisme glucidique. Cette action serait médiée par « l’effet incrétine » (stimulation de la sécrétion d’insuline) de peptides issus de la digestion des protéines laitières.

Dans ces conditions, peut-on recommander de réduire les glucides au profit des protéines et dans une moindre mesure, des lipides ?

La réponse est encore oui. De nombreuses études ont comparé de tels régimes pauvres en glucides aux classiques régimes hypolipidiques, et il ressort d’une majorité d’entre elles que les régimes hyperprotéinés sont plus efficaces que les régimes hypolipidiques sur la glycémie et l’HbA1c.

Les inquiétudes que pouvaient susciter de tels régimes pour le rein, semblent peu fondées, en regard des résultats d’études, en tout cas chez des diabétiques indemnes d’atteinte rénale. Si bien qu’au total, « un certain nombre de chercheurs; voire de groupe de chercheurs, demandent une révision des recommandations nutritionnelles en faveur de régimes pauvres en glucides, et riches en protéines et en lipides », souligne le Dr Hansel.

Enfin, quelles protéines s’agit-il de favoriser ? Sur ce point encore, des études récentes, malgré leur caractère observationnel, permettent de répondre : les protéines à favoriser sont les protéines végétales, les protéines animales semblant avoir un effet neutre, voire délétère, exceptés les produits laitiers. Mieux vaut donc chercher des protéines dans les légumes et les noix plutôt que dans la viande et les œufs. 

Ces résultats sur l’effet différentiel des protéines animales et végétales vis-à-vis du diabète, se retrouvent d’ailleurs également vis-à-vis des maladies cardiovasculaires, note le Dr Hansel.

Au total, il parait donc « raisonnable de limiter les apports glucidiques en allant un peu en dessous des recommandations actuelles », estime le Dr Hansel. Mais en pratique ajoute-t-il, plutôt que d’insister sur cette restriction, mieux vaut parler au patient de l’intérêt des protéines, en insistant sur le rôle clé des protéines végétales, et des produits laitiers. Le poisson ne doit pas être oublié, mais plus pour les oméga-3 que pour les protéines.

« C’est un message simple et audible par les patients », conclut le Dr Hansel.

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....