Cancer du rein métastatique : la surveillance active comme option possible

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

18 août 2016

Cleveland, Etats-Unis – Pour la première fois,une petite étude (50 patients) publiée dans le Lancet Oncology montre qu’un sous-groupe de patients souffrant de cancer du rein métastatique – et dont la maladie est à évolution lente – pourrait bénéficier d’une surveillance active, pendant des mois voire même des années, plutôt que de se voir prescrire un traitement anti-cancéreux aux effets toxiques [1]. Et ce, sans compromettre la réponse ultérieure aux traitements.

Dans un communiqué du Lancet Oncology, le Pr Brian Rini (Cleveland Clinic Taussig Cancer Institute, Ohio), premier auteur de l’étude a commenté : « on considère que tous ces cancers devraient bénéficier d’un traitement immédiat car tous sont mortels. Mais ce que nous avons vu dans cette petite étude de phase 2, c’est qu’un sous-groupe de patients adultes avec un cancer métastatique dont la maladie évolue lentement peut bénéficier d’une surveillance active, ce qui leur évite les inconvénients et les effets délétères des traitements agressifs, pendant environ un an, et même parfois plusieurs années, et ce, sans aggravation de l’anxiété et de la dépression. Cependant cette étude ne porte que sur 50 patients, il faudra confirmer les bénéfices/risques de cette approche à plus grande échelle » [2].

14,9 mois de surveillance active avant l'initiation du traitement systémique

« Le cancer du rein métastatique est une pathologie caractérisée par une histoire naturelle très variable. De nombreux schémas pronostiques ont été établis, avec des survies globales qui peuvent aller de 5 mois en cas de mauvais pronostic à 30 mois en cas de bon pronostic après un traitement à base d’interféron, et de 7 mois à 43 mois, respectivement, après une thérapie ciblant le VEGF. La différence, de l’ordre de 6 mois en terme de survie, souligne la diversité des mécanismes biologiques sous-jacents au cancer rénal métastatique avec ou sans thérapie systémique », rappellent les auteurs [1].

Actuellement, quand le cancer du rein est métastatique, l'objectif du traitement systémique est de ralentir sa progression par des anti-angiogéniques comme le sunitinib ou le sorafénib. Des traitements coûteux, non curatifs et qui induisent des effets secondaires sévères dont une élévation du risque d'accident vasculaire cérébral (AVC) et d'infarctus [2], notent-ils, d’où l’idée, en s’appuyant sur quelques études positives publiées précédemment, d’évaluer l’intérêt de la surveillance active chez certains patients.

Le Pr Rini et ses collègues ont donc inclus 52 patients de 18 ans et plus atteints d’un cancer rénal avancé n'ayant pas encore reçu de traitement systémique suivis dans cinq hôpitaux aux Etats-Unis, en Espagne et au Royaume-Uni. Après un premier scanner du thorax, de l'abdomen et du pelvis, les patients étaient surveillés très régulièrement (tous les trois mois la première année, tous les quatre mois la deuxième et tous les six mois au-delà) et la décision d’initier un traitement ou pas était laissé à la discrétion du médecin traitant et du patient.

Les patients ont été suivis sur 38,1 mois en moyenne. Sur 48 patients inclus dans l’analyse, le temps médian passé en surveillance active avant l'initiation du traitement systémique a été de 14,9 mois (IC95% 10,6 – 25,0), avec un taux de croissance tumorale de 0,09 cm par mois (0,4 – 1,17) et une modification de la tumeur de 1,3 cm (0,6 -1,8).

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