Une activité physique soutenue réduit le risque de 5 maladies majeures

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

12 août 2016

Rapportés aux différentes tranches d’intensité d’activité physique (tableau 1), les résultats montrent que, par comparaison aux femmes insuffisamment actives (celles rapportant une activité physique totale de moins de 600 MET min/semaine),

- le risque de cancer du sein des femmes les moins actives (600-3999 MET min), modérément actives (4000-7999 MET minutes) et très actives (> 8000 MET minutes) était réduit de 3%, 6% et 14%, respectivement.

Comparé aux individus insuffisamment actifs (hommes et femmes) :

- le risque de cancer du côlon était réduit de 10% chez les peu actifs, de 17% chez les personnes modérément actives et de 21% chez les très actifs.

Les réductions de risque étaient, respectivement :

- de 14%, 25% et 28% pour le diabète,

- de 16%, 23% et 25% pour la maladie coronaire,

- et de 16%, 19% et 26% pour l’AVC ischémique.

Tableau : relation dose-réponse entre l’activité physique et 5 pathologies

Activité physique en MET minutes/semaine

Risque relatif poolé (IC 95%)

 

Cancer du sein

Cancer du côlon

Diabète

Maladie coronaire

AVC ischémique

< 600

Référence

Référence

Référence

Référence

Référence

600-3999

0,967

(0,937 à 0,998)

0,903

(0,851 à 0,952)

0,857

(0,816 à 0,902)

0,837

(0,791 à 0,886)

0,843

(0,779 à 0,918)

4000-7999

0,941

(0,904 à 0,981)

0,833

(0,771 à 0,896)

0,748

(0,701 à 0,799)

0,769

(0,698 à 0,838)

0,810

(0,690 à 0,937)

> 8000

0,863

(0,869 à 0,900)

0,789

(0,735 à 0,850)

0,722

(0,678 à 0,768)

0,754

(0,704 à 0,809)

0,736

(0,659 à 0,811)

Hétérogénéité

0,002

(0,0001 à 0,008)

0,005

(0,0003 à 0,018)

0,050

(0,040 à 0,070)

0,042

(0,025 à 0,061)

0,016

(0,001 à 0,043)

 

MET pas parfaites

Si l’étude représente une avancée parce qu’elle cerne de façon plus précise que précédemment la quantité d’activité physique nécessaire pour impacter significativement la santé et qu’elle montre que les préconisations actuelles de l’OMS sont très en dessous de ce qui est nécessaire pour prévenir 5 maladies majeures, elle n’est pas sans présenter un certain nombre de limites, listées par les auteurs eux-mêmes.

L’une d’entre elles, reprise dans un éditorial, concerne l’hétérogénéité de l’activité physique quand elle est exprimée en MET (voir encadré). Avec ce mode de quantification, « il n’est en effet pas possible, disent le Pr Philippe Autier et Cécile Pizot (International Prevention Research Institute, Lyon), de savoir si la réduction du risque est différente en cas d’activité physique intense et de courte durée ou d’activité physique d’intensité légère mais sur un temps plus long ».

Par ailleurs, cette étude ne permet pas de connaitre les facteurs susceptibles d’impacter le lien entre AP et santé, ajoutent-ils et de citer l’exemple d’une étude récente montrant que la faible réduction de risque de cancer du sein pourrait s’expliquer par la prise d’un traitement hormonal substitutif, lequel abolirait les effets protecteurs de l’activité physique – les femmes qui n’en prendraient pas bénéficieraient du réduction du risque de 23% grâce à une activité physique modérée à énergique.

Enfin, l’utilisation de questionnaires validés et standardisés comme l’International Physical Activity Questionnaire (IPAQ) serait aussi, selon les éditorialistes, un bon moyen d’améliorer les connaissances sur les bénéfices associés à l’activité physique.

Reste que, dans le contexte actuel de vieillissement de la population, « plus d'attention et d’investissements devraient être dévolus aux interventions visant à promouvoir l'activité physique auprès du public », plaident les auteurs.

La dépense d’énergie pour une activité peut être exprimée en équivalents métaboliques (en anglais Metabolic Equivalent of Task ou MET). Une unité MET (= équivalent métabolique) est définie comme étant le ratio entre le taux d'une personne en activité et le taux d'une personne au repos.
A titre d’exemple, sauter à la corde a un MET de 10, expliquent les éditorialistes, ce qui signifie qu’une personne qui s’entraine pendant 1 heure dépense 10 fois plus d’énergie que si elle reste au repos pendant le même temps [2]. Les METs sont généralement cumulés sur une semaine. Donc, sauter à la corde pendant 2 heures, plus marcher pendant 4 heures à une vitesse modérée (soit 3 MET) sur une semaine équivaut à (2h×10)+(4h×3)=32 MET heures/semaine ou1920 MET minutes/semaines.

 

 

REFERENCES :

  1. Kyu HH, Bachman VF, Alexander LT et al. Physical activity and risk of breast cancer, colon cancer, diabetes, ischemic heart disease, and ischemic stroke events: systematic review and dose-response meta-analysis for the Global Burden of Disease Study 2013. BMJ 2016;354:i3857 http://dx.doi.org/10.1136/bmj.i3857

  2. Autier P et Pizot C. Meaningless METS: studying the link between physical activity and health. BMJ 2016;354:i4200 doi:10.1136/bmj.i4200

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....