Liraglutide dans l'insuffisance cardiaque: absence de bénéfice après hospitalisation

Vincent Richeux

Auteurs et déclarations

4 août 2016

Washington, Etats-Unis L'utilisation de l'antidiabétique liraglutide (Victoza®, Novo Nordisk) chez des patients ayant un diabète de type 2 et souffrant d'une insuffisance cardiaque chronique à fraction d'éjection diminuée n'améliore pas la stabilité clinique après hospitalisation, selon une étude américaine, publiée dans le JAMA [1].

Le liraglutide, un agoniste GLP-1 (Glucagon Like Peptide 1) appartenant au groupe des incrétines, a été récemment associé à un bénéfice cardiovasculaire chez les patients diabétiques de type 2 à haut risque, dans l'étude LEADER. La molécule s'est en effet montrée capable de réduire les décès cardiovasculaires, ainsi que les infarctus du myocarde non fatals et les AVC non fatals.

Toutefois, en considérant uniquement le sous-groupe des patients insuffisants cardiaques, ce bénéfice n'était pas apparu significatif. De même, l'absence de bénéfice dans cette indication a été observée dans l'étude danoise LIVE, qui a inclus des patients insuffisants cardiaques, diabétiques ou non. Après 24 semaines de traitement par liraglutide, aucun impact sur la fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) n'a été constaté.

Pas d'effet sur le taux de réhospitalisation

Pour cette nouvelle étude, le Dr Kenneth Marglulies de l'université de Pennsylvanie (Philadelphie, Etats-Unis) et ses collègues ont inclus 300 patients présentant un diabète de type 2, hospitalisés au moins une fois dans l'année précédente pour une insuffisance cardiaque avec baisse de la FEVG.

Les patients avaient un âge médian de 61 ans et souffraient d'une insuffisance cardiaque depuis une période médiane de 6,2 ans. Dans la majorité des cas (82% des patients), cette insuffisance était d'origine ischémique.

Les participants ont été randomisés pour recevoir, pendant six mois, une injection sous-cutanée quotidienne de 1,8 mg de liraglutide ou un placebo.

Le critère primaire reposait sur un score prenant en compte la mortalité, la durée de la réhospitalisation pour insuffisance cardiaque et les variations au cours de l'étude des niveaux plasmatiques de la N-terminal pro-B-type natriuretic peptide (NT-proBNP), un marqueur de la maladie coronaire chez les diabétiques. Un score élevé est associé à une meilleure stabilité clinique, notent les auteurs.

La qualité de vie non améliorée

Les résultats montrent une absence de différence significative entre les scores établis en fin d'étude pour chacun des groupes (score moyen de 146 pour le groupe sous liraglutide, contre 156 pour le groupe placebo). De même, la significativité n'a pas été atteinte en considérant uniquement la mortalité (respectivement 12% et 11%) ou le taux de réhospitaliation (41% et 34%).

 
Ces résultats ne sont pas en faveur de l'utilisation du liraglutide dans cette situation clinique— Les auteurs
 

En ce qui concerne les critères secondaires, il est également apparu une absence d'effet bénéfique du liraglutide par rapport au placebo, autant sur la fonction cardiaque, que sur la résistance à l'effort physique ou la qualité de vie.

« Le liraglutide n'a pas amélioré la stabilité clinique post-hospitalisation des patient diabétiques avec une insuffisance cardiaque à FEVG diminuée », ont conclu les auteurs. Selon eux, « ces résultats ne sont pas en faveur de l'utilisation du liraglutide dans cette situation clinique ».

De plus amples études devraient toutefois être menées en complément, estiment-ils, pour évaluer la molécule et d'autres agonistes du GLP-1 à des stades plus précoces et moins sévères de l'insuffisance cardiaque.

 

REFERENCE:

  1. Margulies K, Hernandez A, Redfield M, Effects of Liraglutide on Clinical Stability Among Patients With Advanced Heart Failure and Reduced Ejection Fraction, JAMA. 2016;316(5):500-508.

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