Ménopause et insomnie : la thérapie comportementale offre des résultats durables

Aude Lecrubier, Megan Brooks

Auteurs et déclarations

27 juillet 2016

Denver, Etats-Unis —Plus d’une femme sur deux en périménopause et en ménopause se plaint de troubles du sommeil.D’après une étude présentée lors du congrès annuel des Associated Professional Sleep Societies (SLEEP 2016), la thérapie comportementale et cognitive (TCC) et la restriction de sommeil seule diminuent les symptômes d’insomnie et la fatigue chez les femmes ménopausées. Cependant, contrairement à la thérapie par restriction de sommeil seule, la thérapie comportementale, plus complète, offre une amélioration durable [1].

Dans l’étude, la thérapie comportementale consistait en un programme de 6 semaines, à raison d’une session d’une heure hebdomadaire. Elle comportait 5 items.

Les 5 items de la TCC

  1. Une restriction de sommeil consistant à limiter le temps passé au lit au temps de sommeil moyen estimé, pour améliorer l'efficacité du sommeil (planification du sommeil). Les causes de l’insomnie étaient recherchées auparavant grâce au modèle 3P de Spielman (facteur prédisposants, facteurs précipitants et facteurs perpétuants).

  2. Un contrôle des stimuli et de l’hygiène du sommeil (sortir du lit lorsque l’on n’est pas fatigué, adopter de bonnes habitudes de sommeil…)

  3. De la relaxation : relaxation musculaire progressive spécifique

  4. Une dimension cognitive : centrer son attention sur des pensées ou des croyances sur le sommeil et sur les conséquences et les causes d’un mauvais sommeil.

  5. La prévention des rechutes et la gestion de la planification du sommeil après la thérapie.

En revanche, la restriction de sommeil seule était mise en place sur deux semaines lors de deux séances. Elle consistait uniquement à planifier le sommeil.

Restriction de sommeil (seule)

  • La première phase était similaire à la première session de la thérapie comportementale mais sans l’analyse de l’origine de l’insomnie par le modèle 3P.

  • La deuxième séance en la gestion de la planification du sommeil et à la prévention des rechutes. Entre les deux séances, des rendez-vous téléphoniques de 10 à 15 minutes étaient programmés tous les 3-4 jours pour évaluer les progrès, les difficultés et pour faire les ajustements nécessaires.

En pratique, le Pr Vivek Pillai et coll. (Henry Ford Health System, Detroit, Etats-Unis) ont comparé l’efficacité de la TCC à celle de la restriction de sommeil et à celle de 6 semaines d’information chez 88 femmes ménopausées souffrant d’insomnie.

Les femmes ont été évaluées pour d’éventuelles psychopathologies (contre-indications) par le DSM-IV et pour leurs troubles du sommeil par la polysomnographie. Après endormissement, toutes les femmes s’éveillaient, en moyenne, après plus de 45 minutes, d’après les données de polysomnographie sur 2 nuits.

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