Zika : la contamination interhumaine par les fluides est suggérée

Dr Isabelle Catala, avec Megan Brooks

Auteurs et déclarations

21 juillet 2016

Atlanta, Etats-Unis — Alors que les dernières données sur l’épidémie de Zika sont relativement rassurantes du point de vue de l’incidence des microcéphalies et des syndromes de Guillain Barré – la publication par le CDC américain de deux cas de transmission intrafamiliale sans vecteur impliqué ni contact sexuel, pose des questions [1]. Comment cet habitant âgé de l’Utah qui a contracté le Zika à l’occasion d’un voyage en Amérique Latine a-t-il transmis le virus à deux de ses enfants qui s’occupaient de lui avant de mourir fin juin de l’infection ? Il s’agissait du premier décès directement lié à Zika recensé aux Etats-Unis [2].

 
Dans la plupart des maladies virales, si la charge virale est élevée le risque de transmission interhumaine augmente par le biais de contact avec des fluides corporels.
 

Pour le CDC américain, « la charge virale de ce patient était particulièrement importante – près de 100 000 fois plus que ce qui est habituellement retrouvé – pourrait avoir joué un rôle. Or, dans la plupart des maladies virales, si la charge virale est élevée le risque de transmission interhumaine augmente par le biais de contact avec des fluides corporels ».

Pour le Dr Erin Staples, l’un des épidémiologistes du CDC originaire de l’Utah, « ce nouveau cas nous confirme que nous ne savons pas encore tout sur le virus. Le premier des deux patients a guéri rapidement et cette situation est tout à fait exceptionnelle aux Etats-Unis où près de 1 300 personnes infectées ont déjà été prises en charge. Il semblerait que la contamination interhumaine soit pour le moins exceptionnelle, alors que 14 transmissions sexuelles ont déjà été prouvées ».

Des investigations sont en cours sur les soignants et les autres membres de la famille qui se sont occupés du patient de l’Utah.

Les prélèvements entomologiques sur les moustiques sont aussi en cours, d’autant plus que des vecteurs A aegypti et A albopictus ont déjà été récencés dans cette région [3].

A l’occasion d’une conférence de presse, le Dr Satish Pillai en charge du Zika au CDC a expliqué qu’à ce jour il n’existe aucune preuve de passage possible du virus par les sécrétions nasales, la salive…bien que l’on puisse retrouver du Zika dans ces sécrétions, tout comme dans le sperme ».

 

Transmission sexuelle femme-homme
Par ailleurs, le 15 juillet le département de santé de la ville de New York a rapporté pour la première fois une transmission du Zika entre une femme infectée de 20 ans et un homme avec qui elle avait eu des rapports non protégés [4].

 

REFERENCES :

1- http://www.cdc.gov/media/releases/2016/s0718-zika-utah-investigation.html

2- http://www.contagionlive.com/news/cdc-releases-more-information-on-first-zika-related-death-in-the-us

3-http://www.cdc.gov/vitalsigns/zika/infographic.html

4-http://www.cdc.gov/mmwr/volumes/65/wr/mm6528e2.htm?s_cid=mm6528e2_w

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