Qui fixe le prix des médicaments ? L’éclairage du Pr Durand-Zaleski

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

19 juillet 2016

Dans cet article

Efficience et QALY

Si l’on exclut sa construction à partir du coût, le seul véritable argument du prix, « c’est ce que les pouvoirs publics sont prêts à payer ». Preuve en est que dans les PVD, les prix baissent.

Les pouvoirs publics sont « très sensibles à l’opinion publique », ajoute le Pr Durand-Zaleski.

« Quand on achète quelque chose, la question est toujours : qu’est-ce que j’ai en échange du prix ? – versus les 2,6 milliards d’euros des chimiothérapies anticancéreuses, par exemple ».

C’est sur cette question qu’est bâtie la notion d’efficience, avec son outil, l’évaluation médico-économique, qui n’est « arrivée dans la loi en France qu’en 2012 », rappelle le Pr Durand-Zaleski.

L’efficience, « c’est de l’argent divisé par de la santé », et c’est une notion dont les premières mentions dans la littérature remontent au début des années 90. Ce qui est étonnant, c’est qu’on s’est amusé durant des années à positionner tel ou tel traitement dans un repère à 2 axes, coût et efficacité, avant d’envisager officiellement qu’une baisse raisonnable de la qualité pouvait être acceptable en contrepartie d’une baisse substantielle des coûts.

Ce qui est étonnant aussi, c’est que la première institution à avoir évoqué des seuils, est l’OMS. En 2003, celle-ci estimait en effet qu’une année de PIB/habitant (30.000 euros en France) est parfaitement acceptable pour sauver un patient, et qu’au-delà de 3 à 5 fois le PIB/habitant, l’intervention devient trop chère.

Quantitativement, il reste donc une certaine marge d’appréciation. Mais qualitativement, le pas est franchi : « la santé devient un produit comme les autres : on peut vous dire qu’il existe des actions de santé trop chères pour vous », commente Pr Durand-Zaleski.

Le QALY
Quality-adjusted life year : les moins de 20 ans ne peuvent pas savoir que cette unité n’a pas toujours existé. « Quantité et qualité, c’est pareil, on multiplie l’un par l’autre », résume Pr Durand-Zaleski. « En fait, c’est la cardiologie qui en a décidé ainsi, puisque eux sauvaient des gens ». Après, pour « le rhumatologue qui arrive derrière » …, le handicap est certain.

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