Immunothérapies par anti-PD1 : comment savoir qui sont les répondeurs?

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

13 juillet 2016

Quand c’est le seuil de positivité choisi qui fait le biomarqueur…

En outre, il est intéressant de noter que la notion de biomarqueur est validée ou non en fonction du seuil de positivité choisi par les laboratoires concepteurs des études.

« Lorsqu’on prend un seuil à 5 % d’expression de PD-L1, on voit que les taux de réponses objectives sont plus importants pour les mélanomes qui surexpriment PD-L1. En revanche, quand le seuil de positivité est abaissé à 1 %, les taux de réponses objectives ne sont pas très différents [2]», a souligné le Dr Loirat.

De la même façon, pour les cancers bronchiques non à petites cellules, il est peu évident que le taux d’expression de PDL1 tumoral modifie la réponse au traitement pour des seuils de 1 à 5 %.

Mon sentiment est que les seuils sont choisis par les compagnies sur des critères de développement des médicaments plutôt que sur des critères scientifiques -- Dr Loirat

En revanche, une étude de E. Garon et coll, a montré qu’il existe une vraie différence en termes de survie globale des patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules avancé lorsque le seuil d’expression de PD-L1 choisi est supérieur à 50 %. Chez les patients dont le taux d’expression était supérieur à 50%, le taux de réponse était de 45,2% [3].

« Mon sentiment est que les seuils sont choisis par les compagnies sur des critères de développement des médicaments plutôt que sur des critères scientifiques. Pour le nivolumab, le seuil choisi est relativement bas. Or, la tendance est de développer le traitement pour tout type de patients. En revanche, pour le pembrolizumab dans le cancer bronchique, il semble que le laboratoire ait voulu démontrer que les taux de réponse sont plus importants pour les patients qui sur-expriment fortement PD-L1 (>50%) », explique l’oratrice.

« La principale problématique de ce biomarqueur PD-L1 est qu’il n’existe pas de test standardisé. Chaque compagnie a son propre test, son propre anticorps, son propre seuil de positivité. Parfois, pour la même molécule en fonction des essais, les seuils de positivité ne sont pas les mêmes », décrit le Dr Loirat.

L’expression variable et inductible de PD-L1 a du bon et du mauvais

Un autre obstacle à l’utilisation du PD-L1 comme biomarqueur est qu’il existe probablement une variation de son expression dans le temps et dans l’espace, ce qui pose le problème de la fiabilité des biopsies. En outre, il est, probable que les chimiothérapies modifient son expression...

En revanche, la point positif est que l’expression de PD-L1 semble inductible. Actuellement, des recherches tentent donc de faire surexprimer PD-L1 au niveau de la tumeur grâce à d’autres molécules pour augmenter le taux de réponse aux traitements.

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