Accident de plongée: une gravité souvent dissociée de la clinique

Vincent Richeux

Auteurs et déclarations

6 juillet 2016

Barotraumatisme: risque d'embolie gazeuse

Autre accident grave, lié à la plongée sous-marine: le barotraumatisme. Typiquement, il survient lorsqu'un plongeur bloque sa respiration, plusieurs mètres sous l'eau, et remonte subitement. L'air contenu dans les poumons se dilate et engendre des lésions alvéolaires.

« Ces surpressions pulmonaires peuvent aller jusqu'à la rupture des alvéoles. Avec le passage des gaz dans la circulation sanguine, il y a alors un risque d'embolie gazeuse coronaire ou cérébrale », explique le Dr Bessereau.

Lorsque survient d'arrêt cardiaque chez un plongeur, une suspicion de pneumothorax doit amener, rappelle-t-il, à envisager une exsufflation pour libérer la surpression. « Mieux vaut mettre un trocart par excès, que par défaut ».

 
Mieux vaut mettre un trocart par excès, que par défaut.
 

« L'embolie gazeuse et le pneumothorax restent toutefois exceptionnels », ajoute l'urgentiste. Les plongeurs victimes d'une surpression vont plutôt se plaindre d'un essoufflement et d'une dyspnée. « Seul un scanner permettra de mettre en évidence un pneumothorax et éviter que le pronostic vital soit engagé au cours d’une nouvelle plongée ».

« Même lorsque le plongeur est peu symptomatique, il ne faut pas hésiter à sortir les gros moyens. Car, le vrai problème avec la plongée est la dissociation entre la clinique et la gravité potentielle. »

Oed ème pulmonaire d'immersion: la né cessit é du dé pistage

Parfois confondu avec la surpression pulmonaire, l'œdème pulmonaire d'immersion est lié à une surcharge myocardique, survenant en réponse aux modifications environnementales (baisse de la température, variation de pression…). Il y a alors un risque de rupture de la membrane alvéolo-capillaire, surtout chez les individus disposant d'une faible condition physique.

« Le plus souvent, il y a un passage de globule rouges dans les alvéoles. A la sortie de l'eau, le plongeur présente alors une hémoptysie. Les patients atteints répondent très bien à une ventilation non invasive ». Il est toutefois essentiel de bien dépister cet accident pour éviter, là aussi, le risque de récidive, potentiellement mortelle.

 
L'analyse des accidents confirme que les accidents plus graves touchent principalement des plongeurs expérimentés, âgés en moyenne de 50 ans et plongeant au-delà de 40 mètres.
 

Pour la prise en charge de ces accidents, le Dr Bessereau se veut rassurant: « les moniteurs de plongée sont désormais bien formés et les bateaux disposent obligatoirement de matériel de secours ». Un plan de secours est généralement établi par le centre de plongée, en application d'un réferentiel d'aide médical en mer, validé par les sociétés de médecine d'urgence.

Selon un bilan du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage de la Méditerranée (Cross-Med), 169 opérations de sauvetage, liées à la plongée sous-marine avec bouteille, ont été menées en 2015. Un chiffre « resté stable », par rapport à l'année précédente.

« L'analyse des accidents confirme, comme en 2014, que les accidents plus graves touchent principalement des plongeurs expérimentés, âgés en moyenne de 50 ans et plongeant au-delà de 40 mètres », note le Cross-Med. En 2015, huit décès ont été recensés par le centre.

 

REFERENCE :

1. Bessereau J, Pathologies des loisirs: accidents de plongée, 2 juin 2016, congrès Urgences 2016, Paris.

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