Intoxication par la cocaïne: ce qu’il faut faire et ne pas faire

Vincent Richeux

Auteurs et déclarations

1er juillet 2016

Les convulsions doses-dépendantes

« Les convulsions concernent environ 3% des consommateurs de cocaïne, ce qui est loin d'être négligeable. Dans ce cas, les convulsions ont la particularité d'être doses-dépendantes, alors que la plupart des autres symptômes ne sont pas liés à la quantité de cocaïne absorbée. »

 
L'un des points essentiels de la prise en charge de l'intoxication aiguë par la cocaïne est la place primordiale des benzodiazépines dans le traitement de la douleur thoracique.
 

« Sur le plan de cardio-vasculaire, on retrouve de la tachycardie, de l'hypertension et des troubles du rythme ». La cocaïne étant un puissant vasoconstricteur, sa consommation augmente le risque d'infarctus du myocarde, « en agissant parfois sur des artères coronaires saines, voire même sans facteurs de risque cardiovasculaire ».

Par conséquent, le Pr Lapostolle recommande « d'interroger systématiquement les sujets jeunes développant un infarctus du myocarde sur leur consommation de produits illicites ». L'objectif est, notamment, de leur faire bénéficier d'un traitement par benzodiazépine.

« L'un des points essentiels de la prise en charge de l'intoxication aiguë par la cocaïne est la place primordiale des benzodiazépines dans le traitement de la douleur thoracique, liée à la consommation de cocaïne », a expliqué l'urgentiste. C'est d'ailleurs la seule spécificité pour ce type d’intoxication.

Les bétabloquants contre-indiqués avec la cocaïne

Selon lui, « il n’y a pas d’autre exemple de recommandations pour l’utilisation de benzodiazépines dans le traitement de douleur thoracique ».

Les patients présentant ce symptôme après absorption de cocaïne peuvent ainsi « bénéficier de l’effet sédatif, myorelaxant, anxiolytique, voire anticonvulsivant des benzodiazépines ». Ceux-ci sont à administrer en première intention, avec un antiagrégant plaquettaire.

 
En révélant les effets délétères des bêtabloquants dans cette indication, en lien notamment avec l'augmentation des résistances coronaires vasculaires, des études ont mis fin à leur utilisation.
 

Par ailleurs, pour diminuer la pression artérielle, il est recommandé de recourir aux dérivés nitrés, a rappelé l'urgentiste. Si les bêtabloquants ont été, jusque dans les années 1980, le traitement de référence dans la prise en charge des consommateurs de cocaïne, ils ont été depuis bannis, en raison d'un risque accru de mortalité.

« En révélant les effets délétères des bêtabloquants dans cette indication, en lien notamment avec l'augmentation des résistances coronaires vasculaires, des études ont mis fin à leur utilisation.»

En cas d'apparition d'un syndrome coronaire, la prise en charge est, là encore, non spécifique, « comme pour toutes les autres complications, qu'elles soient psychiatriques, neurologiques ou cardio-vasculaires », a ajouté le Pr Lapostolle.

 

REFERENCE:

1. Lapostolle F, Le speed, le fêtard et la mule: cocaïne, 2 juin 2016, congrès Urgences 2016, Paris.

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....