Urgences débordées : 3 solutions pour tenter de fluidifier

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

22 juin 2016

Et globalement, un consensus s’est établi autour d’une durée d’attente de 4 heures avant de voir le médecin. « Plus de 4 h c’est long, moins de 4 h c’est court », pour le Dr Wargon. L’enquête DREES menée en 2011 conclut à un délai d’attente moyen de 1 h 56 pour le circuit court (circuit avec un minimum d’examens complémentaires) de 4 h 40 pour le circuit long (patients bénéficiant d’examen complémentaire et étant souvent hospitalisés).

En pratique est-ce que cette donnée veut dire quelque chose sur l’organisation, le stress des équipes, le sort réservé aux personnes âgées ? Non, et c’est pour cette raison que des indicateurs composites sont régulièrement proposés, mais pour le Dr Wargon « ils sont difficilement utilisables, car compliqués à suivre, pas toujours transposables d’un service à l’autre, difficiles à comprendre et ils ne tiennent pas compte de l’efficience de l’urgentiste »

« Le plus simple serait d’établir un taux d’occupation des lits en prenant en compte le nombre de lits officiels et le nombre total de patients, couloirs compris. Enfin, on peut aussi se fonder sur le nombre de patients partis sans soins et retour aux urgences dans les 72 h ».

L’exemple britannique

Pour le Dr Yonathan Freund (Paris) qui détaillait l’exemple britannique, « en Grande Bretagne, comme ailleurs, les urgences sont un succès avec une augmentation des cas peu graves, une stabilité des cas graves ».

En 2000 les politiques ont décidé que 4 ans plus tard, au moins 98 % patients ne devaient pas attendre plus de 4 h un lit aux urgences et que la durée moyenne de passage aux urgences devait être de 75 minutes. Comment faire ? En donnant des primes aux hôpitaux qui y parviennent et en taxant ceux qui n’y arrivent pas. Et ça marche : 77 % passaient moins de 4 h aux urgences en 2002 contre 97 % en 2008. Mais bien sûr cette réforme a eu un coût : 142 millions de livres.

Certains investissements ont été efficaces : séniorisation, infirmières d’Accueil et d’Orientation, services sociaux en semaine, « bed managers »…

Mais pour parvenir aux objectifs, les établissements ont utilisé des ruses : faire patienter les ambulanciers pour attendre que les services d’urgences soient moins saturés, créer des unités d’attentes de lits (ou hospitalisation fictive)…

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