Ecstasy, Khat, Flakka, purple drank : nouvelles drogues, nouveaux signes cliniques

Vincent Richeux

Auteurs et déclarations

21 juin 2016

Paris, France — Bon marché et facile d'accès, grâce à internet, les nouvelles drogues de synthèse se sont multipliées en quelques années. Au cours d'une intervention au congrès Urgences 2016, le Dr Anne-Dominique Curunet-Raoul (CHRU de Brest) a décrit le tableau clinique associé à quelques-uns de ces produits. Les plus connus, mais aussi ceux qui devraient bientôt arriver en France.

En Europe, 450 nouvelles drogues de synthèse sont apparues sur le marché en 20 ans, dont plus des deux-tiers depuis 2008, selon un bilan de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) . La plupart de ces nouveaux produits sont fabriqués en Chine et, dans une moindre mesure, en Inde.

Généralement achetées par internet, « toutes les nouvelles substance imitant les effets stimulants existants sont des molécules dont la structure est analogue à celle de l'amphétamine ou de la MDMA (ecstasy). Elles appartiennent principalement à la famille des phénéthylamines », indique l'OFDT.

L'ecstasy hors des festivals

Avant d'évoquer quelques-unes de ces nouvelles drogues, le Dr Curunet-Raoul est revenue sur le produit de synthèse de référence, l 'ecstasy ou MDMA, dont l'usage s'est fortement démocratisé. « Cantonnée, dans les années 1990, aux festivals de musique électronique, l'ecstasy se retrouve désormais fréquemment dans les fêtes étudiantes. »

En cas d'intoxication par ecstasy, les signes neurologiques rapportés sont « une agitation, une logorrhée, voire des signes liés à un AVC », a rappelé l'urgentiste. Les signes cardiologiques sont, quant à eux, marqués par « de la tachycardie, des troubles du rythme et même des syndromes coronariens aigus ».

Lorsqu'un patient est pris en charge aux urgences pour une intoxication par ecstasy, « l'idéal est de l'admettre en salle d'accueil des urgences vitale (Sauv) et de poursuivre l'hospitalisation en unité de soins continus », estime le Dr Curunet-Raoul.

Pour contrer les effets d'une hyperthermie maligne caractéristique, il est recommandé d'effectuer « une importante réhydratation, avec un objectif de diurèse de 1 à 2 mL/kg/heure ». En cas de troubles s'apparentant à des convulsions, le traitement peut s'appuyer sur l'administration de benzodiazépines.

Dérivés du khat et de la kétamine

Parmi les nouvelles drogues de synthèse, on peut distinguer la 2C-B, parfois désignée sous le nom de nexus, une drogue hallucinogène psychédélique de la classe des phénéthylamines, souvent utilisée en combinaison avec le MDMA. « Ses effets se manifestent par de l'euphorie, des hallucinations, mais aussi de l'anxiété, des tremblements et également de l’hyperthermie ».

Inhibiteur de la recapture de la dopamine, la méthoxétamine suscite, quant à elle, un intérêt croissant chez les internautes. Ses effets s'apparentent à ceux de la kétamine, mais sont plus puissants et plus durables. Selon le Dr Curunet-Raoul, « les effets peuvent se prolonger pendant deux à trois heures, voire sept heures ».

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