Cancer de la vessie : nouveaux espoirs avec les anti-PD-L1

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

9 juin 2016

Dans cet article

Atézolizumab, durvalumab : le biomarqueur PD-L1 fera-il la différence ?

Outre l’atézolizumab, un autre anti-PD-L1 est aujourd’hui en développement dans le cancer de la vessie, le durvalumab (AstraZeneca). Interrogé par Medscape édition française, le Dr Arjun Vasant Balar (New York University Medical Center et NYU Perlmutter Cancer Center, Etats-Unis) a indiqué qu’en termes d’efficacité et de tolérance, à ce jour, les deux anti-PD-L1 semblaient comparables, bien que le durvalumab n’ait pas été testé à un stade aussi avancé que l’atézolizumab.

Est-ce que l’existence d’un biomarqueur permettant de cibler les patients potentiellement répondeurs au traitement pourrait conférer un avantage à l’un des anti-PD-L1 plutôt qu’à l’autre ?

Dans ce cas précis, l’expression de PD-L1 à la surface des cellules cancéreuses ou des cellules immunitaires présentatrices d’antigène peut-elle aider à sélectionner les patients ?

Dans l’étude sur l’atézolizumab, les taux de réponse et notamment de réponse complète survenait quel que soit le niveau d’expression de PD-L1. Le taux de réponse était de 28 % chez les patients qui avaient un niveau d’expression élevé versus 21 % lorsque PD-L1 était sous-exprimé. Chez ces derniers, le taux de réponse complète était de 8 %.

En revanche, dans l’essai de phase 1/2 évaluant la toxicité et la sécurité du durvalumab, également présenté à l’ASCO [3], l’expression de PD-L1 sur les cellules tumorales ou les cellules immunitaires infiltrantes influençait la réponse au traitement.

Dans cet essai, 15 des 16 patients répondeurs étaient PD-L1+ à la fois pour les cellules tumorales et pour les cellules immunitaires. La quasi-totalité des réponses survenaient donc chez des patients PD-L1 + contrairement à ce qui a été observé avec l’atézolizumab.

 
Je ne pense pas que PD-1 et PD-L1 soient les bons biomaqueurs pour le futur -- Dr Balar
 

Comment expliquer une telle différence entre deux anticorps visant les mêmes cibles ? Ce type de biomarqueur est-il caduque ? C’est l’avis de l’auteur principal de l’étude sur l’atézolizumab, le Dr Balar interrogé sur ce point lors de la conférence de presse de présentation des résultats [2].

« Il faut voir dans quel contexte sont développés ces biomarqueurs. Nous avons également observé une séparation notable en fonction du statut PD-L1 lors de notre étude de phase 1 sur l’atézolizumab mais cela était probablement dû au fait que le biomarqueur avait été développé en parallèle. Lorsque les biomarqueurs sont testés dans des cohortes différentes, il semble que les résultats ne soient pas si clairs. Il semble que d’autres éléments comme la localisation de la maladie, l’état de santé, le background tumoral et le nombre de mutations soient plus pertinents pour savoir quel patient sera ou non répondeur. Je ne pense pas que PD-1 et PD-L1 soient les bons biomaqueurs pour le futur », a conclu le chercheur.

 

L’étude IMvigor210 cohorte 1 a reçu des financements de Genentech (Roche). L’étude sur le darvulumab a reçu des financements d’AstraZeneca. Le Dr Balar a déclaré des liens d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique et notamment avec les laboratoires Roche.

 

 

REFERENCES :

  1. Balar A et coll. Atezolizumab (atezo) as first-line (1L) therapy in cisplatin-ineligible locally advanced/metastatic urothelial carcinoma (mUC): Primary analysis of IMvigor210 cohort 1. ASCO 2016. Résumé No: LBA 4500

  2. Conférence de presse ASCO. Patients with advanced bladder cancer benefit from anti-PD-L1 immunotheray. 5 juin 2016.

  3. Massard C. Safety and efficacy of durvalumab (MEDI4736), a PD-L1 antibody, in urothelial bladder cancer. ASCO 2016 Résumé No: 4502

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