Mélanome : la résistance à l’immunothérapie par lymphocytes T infiltrants mieux comprise

8 juin 2016

New York, Tampa, Etats-Unis — Plusieurs études ont montré que l’immunothérapie par transfert de lymphocytes T génétiquement modifiés (TIL) pour cibler spécifiquement la tumeur présente un intérêt dans le traitement du mélanome métastatique. Cependant, un certain nombre de patients sont non répondeurs.

Aujourd’hui, une étude présentée au congrès annuel de l’American Society for Clinial Oncology (ASCO) apporte des éléments d’explication à cette résistance [1].

Le transfert adoptif de lymphocytes T consiste à prélever des lymphocytes T dans la tumeur d’un patient, à les modifier génétiquement pour exprimer des récepteurs artificiels d’antigènes (CAR, chimeric antigen receptor) et à les réinjecter au patient avec un immunoactivateur comme l’interleukine 2 (qui stimule la multiplication des cellules T). En adjoignant ce récepteur artificiel, les lymphocytes T, CD4+ et CD8+ sont redirigés spécifiquement contre les antigènes associés à la tumeur.

Les patients qui ne répondent pas au transfert adoptif de lymphocytes T infiltrants la tumeur (TIL) partageraient des anomalies de régulation des gènes qui rendraient les TIL moins efficaces contre les tumeurs.

La dysrégulation génique serait responsable d’un retour des lymphocytes T à un état immature.

« Nos travaux suggèrent que la dysrégulation génétique et épigénétique est très probablement la cause de l’échec de cette forme d’immunothérapie chez de nombreux patients atteints de mélanomes métastatiques », a commenté le premier auteur de l’étude, le Pr Jeffrey Weber (Perlmutter Cancer Center, NYU Langone, New York, Etats-Unis) dans un communiqué de presse [2].

D’après Jeffrey Weber, grâce aux immunothérapies, le taux de patients atteints de mélanome métastatique vivant plus de 5 ans est passé de 10 % à plus de 30 % en quelques années.

Cependant, l’immunothérapie reste souvent un échec parce que les cellules tumorales suppriment les populations de lymphocytes T d’une part. Mais aussi en raison de facteurs impliqués dans la régulation de l’activité des gènes des lymphocytes T, comme le montrent, notamment, ces nouveaux résultats.

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