Foot féminin : spécificités de la traumatologie

Vincent Richeux

Auteurs et déclarations

9 juin 2016

Concernant les traumatismes crâniens, ils sont plus fréquents car le volume de la boite crânienne est plus faible chez les femmes. Le ratio taille du crâne/taille du ballon étant plus bas, le risque de traumatisme est plus élevé. Les femmes sont aussi moins musclées au niveau des trapèzes et des muscles cervicaux. Si le gainage du cou est insuffisant, le risque de commotion cérébrale est augmenté.

Le cycle menstruel a-t-il une influence sur le risque de traumatisme? Quel est l’impact des hormones?

Dr J. Jan : Les hormones sont, en effet, suspectées d'augmenter le risque de rupture de ligament croisé. Mais, les études à ce sujet sont contradictoires. Certaines ont pu montrer que ce traumatisme survenait plus fréquemment avant l'ovulation, entre le 9ème et le 14ème jour.

L'oestradiol et la progestérone agiraient également sur le contrôle neuromusculaire, ce qui aurait pour conséquence une faible contraction des muscles. Elles seraient aussi en cause dans l'hyperlaxité des articulations observée chez les femmes, qui favorise les entorses, en induisant notamment une instabilité au niveau des chevilles.

Il est toutefois difficile de conclure sur le rôle des hormones, d'autant plus que les sportives de haut niveau présentent souvent des troubles du cycle. On recommande d'ailleurs aux joueuses de prendre la pilule pour normaliser leur cycle menstruel.

Quelles sont, par conséquent, les mesures de prévention mises en place lors de l'entrainement?

Dr J. Jan : Tout d'abord, à un niveau plus professionnel, la prévention passe par une bonne sélection des candidates. Les filles présentant des genoux en valgum ou en recurvatum sont sensibilisées au risque et encouragées à s’orienter vers un autre sport.

Ensuite, il faut veiller à limiter la masse grasse. Des exercices de renforcement des muscles fessiers et ischio jambiers sont également intégrés à l'entrainement. Pour limiter le risque de commotion cérébrale, les filles travaillent, en plus, leurs trapèzes et les muscles cervicaux. En tout, elles enchainent chaque jour 30 minutes d'exercices spécifiques après l'entrainement.

Cette pratique est désormais bien intégrée. Depuis trois ans, la FIFA diffuse auprès des fédérations internationales des fiches pour mettre en place ce type d'exercices préventifs destinés spécifiquement aux femmes pratiquant le football. A Rennes, ils ont commencé à être appliqués dès l'ouverture du Pôle Espoirs féminins, il y a cinq ans. Et, à ce jour, nous n'avons recensé aucune rupture du ligament croisé.

 

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