L’activité physique associée à la prévention de 13 cancers

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

14 juin 2016

Atlanta, Géorgie (E-U) – L’activité physique participe-t-elle à prévenir certains cancers ? Il est trop tôt pour l’affirmer néanmoins en regroupant les résultats de plusieurs études prospectives, des chercheurs montrent que la pratique d’une activité physique de loisir à un certain niveau d’intensité est associée à un risque moindre de développer un cancer – en tout cas pour 13 parmi les plus fréquents. Un résultat semble-t-il indépendant de l’indice de masse corporelle et du tabagisme (sauf pour le cancer du poumon) qui devrait inciter à renforcer la lutte contre la sédentarité, même si les mécanismes qui sous-tendent cette association restent à déterminer.

12 études de cohorte regroupant 1,44 millions de participants

Si l’intérêt de l’activité physique en prévention du risque cardiovasculaire a été largement démontré, l’impact de l’exercice physique en prévention primaire des cancers est bien moins connu. Quelques données font bien état de bénéfices combinés d’une alimentation saine et de l’activité physique sur les cancers du sein et du côlon, mais les informations sur les autres localisations sont parcellaires. D’où l’initiative d’un groupe de chercheurs américains qui a passé en revue toutes les études de cohorte sur le sujet. Ils en ont retenus 12, regroupant 1,44 millions de participants américains et européens, et les ont poolées de façon à rechercher si le fait de pratiquer une activité physique (de loisir) était associé ou non à la survenue de 26 cancers différents.

Outre la masse critique atteinte par le regroupement des études et la puissance statistique qui en découle, l’originalité du travail teint au fait que les auteurs se sont attachés à définir l’intensité de la pratique, la cotant de faible à élevée, en fonction du type d’activités et du temps passé pour chacune d’entre elles.

Les participants, des femmes à 57%, avaient un âge moyen de 59 ans (19-98 ans) et un IMC de 26 (23-29). L’étude a pris en compte le niveau d’activité physique de loisir (élevé ou faible, converti en équivalents métaboliques ou MET). Elle a dénombré au total 186 932 nouveaux cancers sur un suivi moyen de 11 ans (9-12 ans).

Un haut niveau d’activité a été retrouvé corrélé à un risque moindre de cancers pour 13 d’entre eux (voir tableau ci-dessous), avec un risque réduit de 20% pour les 7 premiers. Rapporté à l’ensemble des cancers, la réduction du risque est de 7% (HR : 0,93 [IC95% : 0,90 – 0,95].

Résumé des hasards ratios (HR) de l’association entre activité physique et types de cancers

Type de cancers

Nombre de cas

HR (IC 95%)

Adénocarcinome de l’œsophage

899

0,58

Foie

1384

0,73

Poumon

19133

0,74

Rein

4548

0,77

Estomac

790

0,78

Endomètre

5346

0,79

Leucémie

1692

0,80

Myélome

2161

0,83

Côlon

14160

0,84

Tête et cou

3985

0,85

Rectum

5531

0,87

Vessie

9073

0,87

Sein

35178

0,90

 

« Nos résultats suggèrent que l’activité physique de loisir pourrait être associée à un plus faible risque de survenue d’un plus grand nombre de cancers que celui précédemment décrit. Par ailleurs, ils renforcent l’idée que de telles associations existent, ce qui n’était jusque-là que faiblement établi » écrivent les auteurs.

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