Une immunothérapie fait-elle mieux que l’autre dans le mélanome ? La réponse du Pr C Robert

Aude Lecrubier, Nick Mulcahy

Auteurs et déclarations

3 juin 2016

Chicago, Etats-Unis — Dans le mélanome métastatique, quel anti PD-1 faut-il choisir entre le nivolumab (Opdivo®, Bristol-Myers Squibb) ou le pembrolizumab (Keytruda®, Merck) ? Dans une démonstration rafraichissante d’impartialité académique, l’investigateur du pembrolizumab, le Dr Caroline Robert (Gustave Roussy, France) a indiqué qu’utiliser l’un ou l’autre n’avait pas d’importance.

« Honnêtement, je ne vois pas de différence », a répondu l’oncologue à une journaliste lors de la conférence de presse pré- ASCO 2016 organisée le 18 mai [1].

Tout à sa rigueur scientifique, le Dr Julie Vose (Université du Nebraska, Etats-Unis), présidente du congrès, est intervenue en précisant que seul un vaste essai randomisé de phase 3 pourrait réellement répondre à cette question.

Mais, l’oncologue française a répondu, sans détour, que « cela ne serait pas très intéressant » parce qu’il y a « beaucoup d’autres molécules prometteuses à évaluer ». Pour elle, réaliser des études sur les associations de ces nouvelles immunothérapies avec les traitements existants et les molécules en développement est plus intéressant.

Ce dont le Dr Vose a convenu.

Pembrolizumab : 41 % des patients en vie à 3 ans

Lors de la conférence de presse, le Dr Robert a discuté des données à 3 ans de l’étude de phase 1b KEYNOTE-001 évaluant le pembrolizumab chez des patients atteints de mélanome métastatique (voir article Medscape) |1,2].

Les principaux résultats qui seront présentés à l’ASCO 2016, montrent que chez 655 patients, la prescription de pembrolizumab et associée à une survie de 41 % à 3 ans. La survie globale est similaire que les patients aient déjà reçu un traitement ou non.

En outre, 15 % des patients ont eu une réponse complète et un tiers des patients ont eu une réponse durable. Parmi les patients répondeurs, 73% ont une durée de réponse ≥ 2 ans.

Sur les 61 patients qui ont arrêté le pembrolizumab après réponse complète, le cancer n’a récidivé que dans 2 cas.

« Il est incroyablement encourageant d’entrevoir un traitement potentiel pour le mélanome », a commenté le Dr Don Dizon (Centre anti-cancéreux de l’hôpital général du Massachusetts), modérateur de la conférence de presse.

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