POINT DE VUE

Oméga-3 : pour quoi faire ?

Dr Boris Hansel

Auteurs et déclarations

30 mai 2016

Le blog du Dr Boris Hansel - Diabétologue et nutritionniste

 

This feature requires the newest version of Flash. You can download it here.

De nombreux patients diabétiques ou pré-diabétiques, prennent une supplémentation en acides gras oméga-3, sur la foi d’une communication grand-public « assez éloignée des travaux scientifiques », estime le Dr Hansel.

A ces acides gras sont, certes, attribuées des propriétés anti-arythmiques, anti-inflammatoires, et antiagrégantes – ainsi qu’une baisse des triglycérides plasmatiques.

Mais avec quel impact clinique ?

Majoritairement, les études concluent que les oméga-3 ne réduisent pas l’incidence des évènements cardiovasculaires.

Et dernièrement encore, cette conclusion s’est trouvée renforcée par la publication d’un suivi prolongé de l’étude ORIGIN.

Celle-ci, publiée initialement en 2012, porte sur plus de 12.000 patients diabétiques ou prédiabétiques [1]. Il s’agit en fait une étude de Sanofi, menée en design factoriel 2:2, pour évaluer simultanément l’insuline glargine et les oméga-3. L’étude s’appelle « Outcome Reduction With Initial Glargine Intervention ».

Pour un suivi médian dépassant 6 ans, l’impact des oméga-3 sur la mortalité cardiovasculaire apparaissait parfaitement neutre.

Pour être bien sûr de cette conclusion, un suivi supplémentaire de 2,5 ans a été mis en place chez un peu moins de 5.000 patients. Et dans cette extension, baptisée  ORIGINALE, les oméga-3 restent encore sans effet, que ce soit sur le critère primaire (mortalité cv) ou les critères secondaires (infarctus du myocarde, troubles du rythme) [2].

Malgré ces résultats, d’autres essais se poursuivent, notamment ASCEND, mené dans une population exclusivement diabétique, et VITAL, mené, lui, dans une population tout-venant. Les résultats de ces deux essais sont annoncés pour 2017.

Pour le moment, et sauf retournement de situation, il n’existe donc « aucune justification à conseiller une supplémentation en oméga-3 aux patients diabétiques ou prédiabétiques, quel que soit leur niveau de risque cardiovasculaire », conclut le Dr Hansel. En l’absence d’effet délétère, ces résultats « ne remettent pas en cause la recommandation de manger du poisson deux fois par semaine ».

 

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....