Schizophrénie : l’inflammation périphérique corrélée au déficit cognitif

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

12 mai 2016

La relation entre inflammation et maladie mentale est difficile à explorer, ne serait-ce que parce la barrière hémato-encéphalique n’aidant pas, elle n’est généralement explorée qu’au niveau périphérique.

On sait par ailleurs que les marqueurs de l’inflammation sont multiples, et que si la CRP présente l’avantage d’un dosage bien maitrisé, il faudrait aussi s’intéresser aux cytokines médiatrices de l’inflammation. Le Dr Fond souligne d’ailleurs qu’après la CRP, des projets concernant l’IL-1, l’IL-6 ou le TNF sont dans les cartons.

Enfin, association n’est pas causalité, et c’est maintenant le suivi de la cohorte qui va permettre d’évaluer la valeur pronostique de l’inflammation quant à l’évolution des patients.

Environ un quart des patients schizophrènes présentent des déficits cognitifs

Anciennement, la schizophrénie était d’ailleurs qualifiée de démence précoce. On considère aujourd’hui que la maladie est en fait hétérogène -- Dr Guillaume Fond

La confirmation d’un rôle causal d’une inflammation chronique à bas bruit dans la schizophrénie, et plus précisément dans sa symptomatologie cognitive, ouvrirait au moins une piste thérapeutique.

Environ un quart des patients schizophrènes présentent des déficits cognitifs. Ceux-ci sont évolutifs, et peuvent aboutir à une démence. « Anciennement, la schizophrénie était d’ailleurs qualifiée de démence précoce », note d’ailleurs le Dr Fond. « On considère aujourd’hui que la maladie est en fait hétérogène », ajoute-t-il. Une intervention à visée anti-inflammatoire ne concernerait donc que les 25% de patients qui présentent des troubles cognitifs. Mais précisément, « ces troubles sont aussi ceux qui ne répondent pas aux traitements antipsychotiques classiques ».

Des essais d’intervention dans les dépressions majeures, la schizophrénie et les troubles bipolaires

Concrètement, quelques essais d’intervention ont déjà été menés. Dans un papier publié en 2014 dans Acta Psychiatrica Scandinavia, l’équipe de Créteil procède à une revue systématique de la littérature sur la question [3].

On trouve des essais menés en ouvert, aussi bien que des essais randomisés et contrôlés. Ils ont été menés avec quatre types de substances aux effets anti-inflammatoires : les acides gras polyinsaturés, les inhibiteurs de COX, les anti-TNF-alpha, et la minocycline, antibiotique présentant des propriétés anti-inflammatoires.

Ces traitements ont été évalués dans les dépressions majeures, la schizophrénie et les troubles bipolaires.

« Plusieurs méta-analyses montrent une efficacité des acides gras polyinsaturés dans la dépression majeure, avec une bon profil de tolérance », indique la revue. Par ailleurs, « une méta-analyse fait état d’une efficacité des inhibiteurs spécifiques de la COX-2 dans la schizophrénie ». Les anti-TNF, eux, « montrent une efficacité importante dans la dépression résistante accompagnée d’anomalies inflammatoires ». Enfin, « la minocycline montre une efficacité dans la schizophrénie ».

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