Un excès d’AVC associé au changement d’heure saisonnier ?

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

6 mai 2016

Vancouver, Canada –     Le passage à l’heure d’été, ou à l’heure d’hiver s’accompagnerait d’une augmentation transitoire d’AVC ischémique, selon une étude finlandaise présentée     lors du congrès de l’ American Academy of Neurology (AAN     2016) [1]. Le premier auteur de l’étude, le Dr Jori Ruuskanen (Université de Turku, Finlande) attribue ce phénomène à la désorganisation     du sommeil liée au changement d’heure.

 
Nous ne connaissons pas le mécanisme mais le point commun est le sommeil perturbé -- Dr Jori Ruuskanen
 

Une augmentation du risque d’AVC est également observée chez les travailleurs postés, ou lorsque le temps de sommeil est fragmenté. « Nous ne connaissons     pas le mécanisme » a-t-il indiqué à Medscape International, « mais le point commun est le sommeil perturbé ».

L’étude analyse les hospitalisations pour AVC en Finlande lors des changements d’horaires, pour la période 2004-2013. Le taux d’AVC chez 3033 patients     hospitalisés durant la semaine suivant un changement d’heure, a été comparé au taux observé chez quelques 11 000 patients hospitalisés deux semaines avant,     ou deux semaines après la semaine index. Dans les 48 heures suivant le changement d’heure, le risque d’AVC ischémique est augmenté d’un facteur 1,08     (IC95%[1,01-1,15] ; p=0,02).

Passées les premières 48 heures, l’effet perd sa significativité, vraisemblablement parce que les personnes commencent à s’adapter, indique le Dr     Ruuskanen.

Par ailleurs, aucune différence quant à l’impact du changement d’heure, n’est observé selon le sexe, ni entre le Nord du pays, plus rural, et le Sud, plus     urbain, ni encore entre le gain ou la perte d’une heure.

Le Dr Ruuskanen a qualifié ce dernier résultat « d’un peu surprenant » : « il semble que l’organisme réagit de la même manière aux deux changements ».

Le changement d’heure provoque-t-il, ou accélère-t-il simplement le déclenchement d’AVC qui serait survenus de toutes les façons ? L’étude ne fournit     évidemment pas la réponse à cette question.

 
Le sur-risque apparait amplifié chez les sujets atteints d’un cancer.
 

En revanche, le sur-risque apparait amplifié chez les sujets atteints d’un cancer. Dans ce sous-groupe en effet, le risque relatif d’AVC atteint 1,25     ([1,00-1,56] ; p=0,047) dans les premières 48 heures suivant le passage à l’heure d’été ou à l’heure d’hiver.

De même chez les personnes de plus de 65 ans (RR=1,20 ; [1,04-1,38] ; 0,02).

« Le cancer en soi est un facteur de risque d’AVC », rappelle le Dr Ruuskanen. « Les patients cancéreux, comme les personnes âgées peuvent être plus sujets     aux difficultés de sommeil, mais d’autres changements sont possibles, notamment immunologiques, susceptibles d’interagir avec les troubles du sommeil pour     accroitre davantage le risque ».

L’étude a été financée par la Société de Cardiologie Finlandaise.

 

REFERENCE :

  1.    

    American Academy of Neurology (AAN) 2016 Annual Meeting. Abstract 2952.

       

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