Thérapie cellulaire dans l’insuffisance cardiaque : ixCell-DCM apporte un signal positif

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

18 avril 2016

Chicago, Etats-Unis – On l’avait presque oubliée : la thérapie cellulaire continue.Dans une étude de phase 2b dite ixCell-DCM, un traitement à base de cellules médullaires autologues montre une efficacité clinique significative chez des insuffisants cardiaques sévères. Ce résultat, présenté par leDr Timothy D. Henry (Cedars Sinai Heart Institute, Los Angeles) lors du congrès de l’American College of Cardiology 2016 (ACC 2016), est encore fragile : il porte sur une centaine de patients et n’est pas retrouvé pour les critères échographiques de l’étude. Il s’agit néanmoins d’un résultat contrôlé, obtenu dans une étude multicentrique associant les principaux centres cardiologiques américains, que les auteurs présentent comme « le plus vaste essai de thérapie cellulaire conduit à ce jour dans l’insuffisance cardiaque », et qui fait l’objet d’une publication dans le Lancet [1].

 
Le plus vaste essai de thérapie cellulaire conduit à ce jour dans l’insuffisance cardiaque.
 

(La présentation d’ixCELL-DCM à l’ACC16 est disponible ici).

En substance, le traitement réduit de 37% à 1 an le taux cumulé de décès toutes causes, hospitalisation pour cause CV, et consultation non planifiée pour décompensation aiguë, par rapport à la procédure placebo. Parallèlement, aucun critère échographique ne sort, que ce soit la fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) ou les volumes VG.

De l’avis des commentateurs, lors de la présentation de l’étude, l’existence d’un bénéfice clinique en l’absence de remodelage VG, pourrait s’expliquer par l’effet des facteurs paracrines relâchés dans leur environnement par les cellules greffées.

La thérapie “bi-cellulaire” ?

L’étude ixCell-DCM (Ixmyelocel-T Administered Via Transendocardial Catheter-based Injections to Subjects With Heart Failure Due to Ischemic Dilated Cardiomyopathy), a été menée par Vericel Corporation, qui produit les cellules dites ixmyelocel-T.

Les cellules injectées sont des cellules autologues, issues d’un prélèvement médullaire, et expandues in vitro durant 2 semaines, avant réinjection. L’amplification concerne en particulier deux types de cellules mononucléaires : les cellules souches mésenchymateuses CD90+, et les macrophages activés CD45+ CD14+.

« Nous pensons que la diversité des types cellulaires dans ixmyelocel-T, que l’on trouve normalement dans la moelle osseuse, mais en proportions différentes, exprime plusieurs fonctions nécessaires au remodelage tissulaire, à l’immunomodulation et à la promotion de l’angiogénèse », avance Vericel sur son site.

A l’usage, l’argument se révèlera fondé ou non. Mais il est vrai que jusqu’à présent, les tentatives de thérapies cellulaires étaient basées sur un type de cellules, que l’on cherchait à purifier au maximum. Deux types cellulaires interagissant potentiellement entre eux, c’est déjà le début d’un tissu.

Des résultats en partie significatifs

La population de ixCELL-DCM était composée de 126 patients, recrutés par 31 sites Nord-américains. Ces sujets, porteurs d’une cardiomyopathie d’origine ischémique, présentaient une fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) < 35%, et se situaient en classe NYHA III ou IV. Ils présentaient par ailleurs l’un des critères suivants : au moins une hospitalisation pour IC durant les 6 derniers mois, BNP élevé ou périmètre de marche en 6 minutes < 400 m.

On note au passage que tous ces patients étaient porteurs d’un défibrillateur, puisqu’un risque arythmogène a été associé à l’injection de cellules dans le myocarde. Ceci explique le recours à l’échographie plutôt qu’à l’IRM pour l’imagerie cardiaque.

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