DT2 : mieux vaut une pompe que des injections répétées en cas de résistance à l’insuline

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

14 avril 2016

Lyon, France – Alors que les bénéfices du traitement par pompe à insuline ont largement été démontrés pour les sujets diabétiques de type 1 (DT1), les résultats intermédiaires de l’étude observationnelle I RESIST montrent l’intérêt d’un traitement par pompe à insuline (externe à perfusion sous cutanée) chez les diabétiques de type 2 (DT2) ayant une résistance majeure à l’insuline malgré l’optimisation d’un traitement par multi-injections quotidiennes [1].

Ces données françaises, présentées sous forme d’une communication affichée aucongrès de la SFD 2016 , confirment les résultats de la vaste étude internationale OpT2mise publiés dans le Lancet en 2014 [2].

Principaux résultats d’OpT2mise
L’étude randomisée, contrôlée, internationale, OpT2mise, sponsorisée par Medtronic a inclus 331 patients de 30 à 75 ans (168 groupe « pompe », 163 groupe « multi-injections »). A 6 mois, les patients équipés de pompes ont obtenu une réduction moyenne d’HbA1c de 1,1% vs 0,4% sous multi-injections d’insuline et ce, sans hypoglycémies sévères. Les sujets avec pompe ont diminué leur dose quotidienne d’insuline de plus de 20%. Aucune différence n’a été constatée en termes de prise pondérale.

Les sujets sous pompe ont été deux fois plus nombreux à atteindre une HbA1c <8% (55% vs 28%).

Des résultats en « vie réelle »

L’étude prospective multicentrique I RESIST a évalué la pompe à insuline ambulatoire pendant 12 mois chez 70 patients diabétiques de type 2 insuffisamment contrôlés (HbA1c ≥ 8%) et insulino-résistants (≥ 0,7 U/Kg/j) malgré une optimisation insulinique (moyenne 1,28 ± 0,45 U/kg/j-3,6 injections /j).

Les investigateurs avaient le choix du modèle de pompe, de l’insuline utilisée et de l’adaptation des doses. Les traitements antérieurs hypoglycémiants étaient maintenus.

Les résultats à un an montrent que l’utilisation de la pompe à insuline est associée à une baisse de 1,5 % de l’HbA1c (9,4 à 7,9%, p<0,001) et que le taux de patients avec une HbA1c < 8% passe de 12,3% à 55,2%. Les auteurs soulignent que 56,1% des patients ont une diminution de leur HbA1c initiale ≥10 %. Les 2/3 ont une diminution de leur HbA1c initiale ≥ 5%.

Les résultats à un an montrent que l’utilisation de la pompe à insuline est associée à une baisse de 1,5 % de l’HbA1c.

La baisse de l’HbA1c est d’autant plus significative que l’HbA1c de départ était élevée.

Ces améliorations ne s’accompagnent pas d’une prise de poids mais d’une réduction significative des doses d’insuline : de 1,28 à 1 U/Kg/j. Aucune hypoglycémie sévère n’a été enregistrée.

« Chez des patients diabétiques de type 2 mal équilibrés et fortement insulino-résistants, un traitement par pompe à insuline, en vie réelle, durant un an, permet de réduire fortement l’HbA1c (-1,5%) et les besoins en insuline (-22%) sans prise pondérale ni hypoglycémie sévère », concluent les auteurs, le Pr Jean-Pierre Courrèges (CH Narbonne) et coll.

Les auteurs déclarent ne pas avoir d’intérêt direct ou indirect avec un organisme privé, industriel ou commercial en relation avec le sujet présenté.

REFERENCES :

1.CA-001. Etude I RESIST : intérêt d’un traitement par pompe à insuline sous-cutanée ambulatoire (PIA) chez des diabétiques de type 2 (DT2) insulino-résistants-Résultats préliminaires. Congrès SFD. 23 mars 2016

2. Reznic Y. et coll. Insulin pump treatment compared with multiple daily injections for treatment of type 2 diabetes (OpT2mise): a randomised open-label controlled trial. Lancet. Volume 384, No. 9950, p1265–1272, 4 October 2014

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