L’actualité des MICI au congrès européen de gastroentérologie, UEG 2015

Vincent Richeux

7 avril 2016

A 6 semaines, une réponse clinique a été observée chez plus de la moitié des patients mais sans différence significative entre les deux doses (respectivement 51,7% et 55,5%). Cette réponse était caractérisée par une diminution du score CDAI (Crohn Disease Activity Index) > 100.

Malgré un taux de réponse clinique élevé pour le placebo (28,7%), « ces résultats apparaissent intéressants », a commenté le Dr Sokol. « Il reste désormais à attendre ceux concernant le traitement d'entretien ».

Ustekinumab en seconde intention

Deux-tiers des patients réfractaires aux anti-TNF peuvent donc bénéficier de l'ustekinumab – Dr Harry Sokol

Une autre étude s'est penchée sur les effets de l'ustekinumab en deuxième intention, dans le cadre de la recommandation temporaire d'utilisation (RTU) attribuée pour cette molécule dans le cas de patients réfractaires aux anti-TNFα.

Au total, 122 patients atteints de maladie de Crohn ont été inclus dans cette étude multicentrique, entre 2011 et 2014. Ils ont reçu au moins une perfusion d'ustekinumab, à raison de 6 mg/kg, en alternative à l’infliximab (Rémicade®, Schering Plough) ou à l’adalimumab (Humira®, Abbott).

A 3 mois, 65% des patients ont présentés une amélioration clinique (diminution des symptômes, baisse du niveau de C-reactive proteine-CRP, absence d'autres traitements). Dans près de 80% des cas, l'état des muqueuses intestinales s'était amélioré.

« Lorsque les patients présentaient une réponse et une rémission, la perte d'efficacité était d'environ 30% à un an », souligne le gastro-entérologue. « Deux-tiers des patients réfractaires aux anti-TNF peuvent donc bénéficier de l'ustekinumab. »

Le vedolizumab efficace, mais long à agir

Egalement recommandé en deuxième intention, après les anti-TNFα, dans le traitement d'une RCH ou d'une maladie de Crohn actives, modérées à sévères, l'anticorps monoclonal védolizumab est disponible sur le marché depuis 2014.

Une étude multicentrique prospective a rapporté les résultats de l'utilisation de cet anticorps en pratique clinique. Elle a inclus les patients ayant reçu, entre septembre et décembre 2014, une perfusion en intraveineuse de 300 mg, répétées à 2 et 6 semaines, puis toutes les 8 semaines.

A 6 semaines, la rémission et la réponse cliniques ont été observées respectivement chez 21% et 36% des patients atteints de RCH. Dans le cas de la maladie de Crohn, les taux atteignent 19% et 31%.

A 14 semaines, les taux de rémission et de réponse sont respectivement de 36% et 50% chez les patients atteints de RCH. Et de 31% et 51% pour la maladie de Crohn. « Ces résultats confirment, non seulement que le vedolizumab est efficace dans le traitement ces deux pathologies, mais aussi qu'il est long à agir. Il faut savoir attendre son effet et ne pas l'arrêter trop tôt », a commenté le Dr Sokol.

REFERENCE :

  1. Sokol H, Les maladies inflammatoires de l'intestin, le meilleur de l'UEG Week 2015, JFHOD 2016, 17 mars, Paris.

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