L’actualité des MICI au congrès européen de gastroentérologie, UEG 2015

Vincent Richeux

7 avril 2016

Paris, France -- A l'occasion des Journées francophones d'hépatogastroentérologie et d'oncologie digestive (JFHOD) 2015 [1], une session a été consacrée aux résultats les plus marquants présentés lors de l’United European Gastroenterology Week (UEG), en octobre 2015, à Barcelone. Les MICI ont fait l'objet d'une présentation spécifique, par le Dr Harry Sokol (service d’hépato-gastro-entérologie, hôpital Saint-Antoine, AP-HP, Paris).

RCH: l'ozanimod efficace en maintenance

Actuellement en développement dans la rectocolite hémorragique (RCH) et la sclérose en plaque, l'immunomodulateur ozanimod (RPC1063) s'est montré efficace en traitement oral d'entretien de la RCH, dans une étude prospective randomisée de phase II.

« Une précédente étude avait déjà rapporté son efficacité pour induire une rémission clinique chez des patients atteints de rectocolite hémorragique », a précisé le Dr Sokol. Les résultats du traitement d'entretien viennent confirmer l'intérêt de cette molécule.

Mode d’action de l’ozanimod
L'ozanimod est un modulateur sélectif des récepteurs de la sphingosine-1-phosphate (S1P), présents à la surface des lymphocytes. Il agirait en limitant la migration des lymphocytes vers le tube digestif, en cas d'inflammation.

L'étude multicentrique a inclus 197 patients atteints de RCH modérée à sévère. Ils ont été répartis en trois groupes, pour recevoir, par voie orale, 0,5 mg d'ozanimod/jour, 1mg/jour ou un placebo.

A 8 semaines, les patients ayant montré une réponse clinique ont continué à prendre leur dose quotidienne d'ozanimod pour évaluer la molécule dans le cadre d'un traitement d'entretien pour éviter une rechute.

Des lésions cicatrisées dans un cas sur trois

A 32 semaines, la rémission était maintenue chez 26% et 21% des patients, ayant reçu respectivement 0,5 et 1mg d'ozanimod par jour. Dans le cas du groupe placebo, le taux de rémission était de 6%.

A l'issue de cette période d'évaluation, 35% des patients recevant la dose la plus faible présentaient encore une réponse au traitement. Ceux sous 1mg/j d'ozanimod avaient un taux de réponse clinique de 51%.

Après les 32 semaines de traitement, un patient sur trois (33%) présentait une cicatrisation des lésions, quelle que soit la dose utilisée, à l’examen endoscopique.

« L'étude n'a pas révélé d'effets secondaires inquiétants » lors des phases d'induction et de maintenance, souligne le Dr Sokol. Il précise que ces résultats devront être confirmés dans l'étude de phase III, toujours en cours.

Maladie de Crohn : plus de 50% de réponse clinique avec l’ustekinumab

Parmi les résultats marquants de l’UEG 2016 figurent également ceux de l'étude UNIT-2, qui a évalué l'efficacité de l'inhibiteur d'interleukines ustekinumab (Stelara®, Janssen Cilag) dans le traitement de la maladie de Crohn, chez les patients réfractaires aux thérapies conventionnelles et naïfs de traitement par anti-TNFα.

Cette étude de phase III a inclus 600 patients atteints de formes modérées à sévères de la maladie. Ils ont été randomisés en trois groupes pour recevoir, en intraveineuse, soit 130 mg/jour de l'anticorps, soit 6mg/kg/jour, soit un placebo.

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