Devrions-nous tous manger sans gluten?

Pr William F. Balistreri

Auteurs et déclarations

4 mai 2016

Dans cet article

Sensibilité au blé sans maladie coeliaque (SBNC)

A ce jour, nous ne savons pas quel composant du blé est responsable des symptômes.[44,45,46] Chez les patients alléguant une sensibilité au gluten, la responsabilité d’une sensibilité au blé (allergie au blé non médiée par les IgE) a été suggérée.

La sensibilité au blé dite sans maladie cœliaque (SBNC) partage des similarités cliniques avec la maladie cœliaque et la SGNC. Ces manifestations cliniques peuvent concerner le tractus gastro-intestinal, le système nerveux, la peau, et d’autres organes.[47] Un autre trait commun est que les symptômes de SBNC disparaissent lors de l’éviction du blé et réapparaissent dès la reprise. La difficulté de l’analyse tient à ce que le blé contient à la fois du gluten et des glucides mal absorbés, qui peuvent donc fermenter (comme les autres composants FODMAPs), altérer le microbiote et provoquer les symptômes sans impliquer de mécanisme immunologique.

Carroccio et collaborateurs[47] ont revu les données de 276 patients qui avaient été diagnostiqués SBNC dans le cadre d’essais de tests de réintroductions du blé (tests menés en double-aveugle, contre placebo). La SBNC était associée à des antécédents personnels d’allergie alimentaire, des maladies atopiques coexistantes, la présence dans le sérum d’anticorps anti-gliadine et anti béta-lactoglobuline, un test positif en cytofluorimétrie révélant l’activation in vitro des basophiles par des antigènes alimentaires, et la présence d’éosinophiles dans des biopsies de la muqueuse intestinale.

Ces patients présentant une allergie au blé compliquée de nombreuses sensibilités alimentaires, ont développé des signes cliniques, biologiques et histologiques qui suggèrent des allergies alimentaires non médiée par les IgE, indiquent les auteurs, en précisant que ces observations n’ont pas valeur de preuve, et que d’autres mécanismes pathogéniques doivent aussi être envisagés.

Guandalini et collaborateurs[48] vont plus loin, puisqu’ils proposent l’abandon du terme de « sensibilité non cœliaque au gluten » par celui, plus général et plus honnête, de « syndrome d’intolérance au blé », lequel reflète :

  • le rôle causal du blé, et non du gluten ;

  • le fait que les symptômes soient mieux décrits par le terme « intolérance », terminologie qui ne présuppose aucun mécanisme sous-jacent ;

  •  et finalement, le fait que les symptômes peuvent avoir des causes variées, tout en correspondant à la catégorie du syndrome. 

A l’appui de cette proposition, Guandalini et collaborateurs rappellent notamment qu’il n’existe aucune preuve de la responsabilité du gluten dans la SGNC, que dans la majorité des cas, le diagnostic de maladie cœliaque n’a pas été éliminé chez les sujets présumés SGNC et débutant un régime sans gluten,  et enfin que les génotypes HLA-DQ2 ou DQ8, présents chez quasiment 100% des sujets atteints de maladie cœliaque, ne sont présents que chez 40% des sujets atteints de SGNC, soit le taux de la population générale. 

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