Plus d’overdoses aux antalgiques opiacés qu’à l’héroïne aux Etats-Unis

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

30 mars 2016

Les « petites » chirurgies montrées du doigt

Les nouvelles recommandations des CDC sont publiées dans le JAMA au côté de deux articles mettant en lumière des cas courants de « mauvaise pratique » [3,4].

Le premier papier montre qu’aux Etats-Unis, les dentistes sont parmi les plus grands prescripteurs d’antalgiques opiacés. Sur plus de 2 700 000 patients qui ont subi une extraction dentaire, 42 % avaient une prescription d’antalgique opiacé (78% d’hydrocodone, 15% d’oxycodone, 3,5% de propoxyphène, 1,6% de codéine) dans les 7 jours suivant l’intervention ; une proportion « disproportionnée », selon les chercheurs.

Le second papier montre que parmi 155 000 patients, naïfs aux opiacés, ayant eu recours à intervention chirurgicale à faible risque (canal carpien, cholécystectomie laparoscopique, hernie inguinale ou arthroscopie du genou), 80 % ont reçu des antalgiques opiacés dans les 7 jours suivant l’intervention. En outre, ils signalent que depuis 2004, le nombre de prescriptions a régulièrement augmenté.

Nouvelles recommandations des CDC

Les nouvelles recommandations des CDC ciblent les médecins de soins primaires, à l’origine de près de la moitié des prescriptions d’opiacés chez les adultes souffrant de douleurs chroniques en ville.

Les nouvelles recommandations des CDC donnent des directives sur la place des opiacés dans le traitement de la douleur chronique (douleur de plus de 3 mois ou dépassant le temps habituel de guérison). Elles ciblent les médecins de soins primaires, « à l’origine de près de la moitié des prescriptions d’opiacés chez les adultes souffrant de douleurs chroniques en ville. »

Le texte n’aborde pas le rôle des antalgiques opiacés chez les patients cancéreux, en soins palliatifs et en de fin de vie.

Le document des CDC rappelle :

- que les bénéfices à long terme des antalgiques opioïdes pour traiter la douleur chronique n’ont pas été clairement établis ;

-qu’à court terme, les bénéfices sont « faibles à modérés » et que la fonction n’est pas améliorée ;

-que les preuves concernant leur intérêt à long terme dans la lombalgie, les céphalées et la fibromyalgie sont insuffisantes.

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