Le cœur des basketteurs américains est-il normal ou pathologique ?

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

17 mars 2016

Une étude de 2011 menée sur près de 1 million d’athlète-années, chiffre l’incidence de la mort subite à 1 pour 115200 et par an chez les joueurs de basket – 1/5743 chez les basketteurs noirs, et 1/21824 chez les basketteurs blancs [2]. En termes de risque, le basket précède la natation (1/23488), le football américain (1/38497) et le cross-country (1/41695).

On ne peut exclure une sur-représentation des syndromes de Marfan comme facteur de confusion supplémentaire.

« La zone grise qui différencie la limite supérieure de l’hypertrophie VG caractéristique du remodelage chez l’athlète, de l’hypertrophie pathologique, dépend du sport de référence, et reste particulièrement mal comprise chez les basketteurs », expliquent les auteurs. Et d’autant plus que chez ces derniers, on ne peut exclure une sur-représentation des syndromes de Marfan comme facteur de confusion supplémentaire.

Un cœur plus gros quand on est grand, mais pas pathologique

Le diamètre VG en fin de diastole, l’épaisseur de la paroi du ventricule et la masse VG, la FEVG, ainsi que le diamètre de la racine aortique ont donc été mesurés chez des basketteurs professionnels de la NBA, obligatoirement soumis à une échocardiographie de stress annuelle (toujours réalisée à la Columbia University de New-York, mandatée par la NBA pour cet examen).

Les données publiées dans le JAMA Cardiology portent sur 526 joueurs, participants aux saisons 2013-2014 et 2014-2015. Quatre-cent-six joueurs (77,2%) étaient afro-américains, et 107 (20,3%) étaient européo-américains (caucasiens). L’âge moyen était de 25,7 ans. La taille moyenne était de 2 mètres, et la surface corporelle moyenne, de 2,38 m2.

Le diamètre VG en fin de diastole était de 56,8 mm, et une dilatation VG a été constatée chez 36,5% des basketteurs examinés. Ces valeurs excèdent celles de la population générale, mais se normalisent lorsqu’on les rapporte à la taille des joueurs (diamètre VG en fin de diastole : 2,84 cm/cm2) ou à leur surface corporelle (2,40 cm/m2).

« Même chez les athlètes les plus grands, les cavités VG restaient de taille normales par rapport aux valeurs de référence chez des hommes adultes », indiquent les auteurs.

Mêmes constats pour l’épaisseur de la paroi (11,04 mm) et l’index de masse VG (105,4 g/m2) : les valeurs observées chez les basketteurs dépassent celles observées dans une population sédentaire, mais se normalisent lorsqu’on les rapporte à la morphologie des joueurs.

Fonction systolique/diastolique : aucune anomalie

Même chez les athlètes les plus grands, les cavités VG restaient de taille normales par rapport aux valeurs de référence chez des hommes adultes.

Au total, une hypertrophie VG a été observée chez 144 (27,4%) des basketteurs, et plus fréquemment chez les noirs que chez les blancs. Cette observation est également rapportée dans d’autres disciplines sportives.

Sur le plan fonctionnel, une FEVG comprise entre 45 et 50% a été constatée chez 1% des athlètes au repos, toujours chez des athlètes présentant un volume VG important, et cette FEVG se normalisait à l’exercice.

Aucune anomalie de l’augmentation de la fonction systolique à l’exercice n’a été constatée, ni davantage d’anomalie de la fonction diastolique.

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