Arrêt cardiaque : les femmes moins bien prises en charge que les hommes

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

8 mars 2016

Paris, France – Déjà présentée au congrès de l’European Society of Cardiology (ESC) 2015, mais remise sur le devant de la scène et complétée à l’occasion de la Journée internationale des femmes , une étude menée à l’Hôpital Européen Georges-Pompidou (HEGP, Paris) suggère que les femmes ont moins de chances de recevoir un massage cardiaque en cas d’arrêt cardiaque devant témoin, et sont moins fréquemment orientées vers l’angiographie d’emblée lors de l’admission à l’hôpital [1].

Il s’agit vraisemblablement des premières données publiées sur les arrêts cardiaques chez les femmes. Et manifestement, l’idée selon laquelle la maladie coronaire touche les deux sexes, a toujours du mal à faire son chemin, y compris parmi le personnel soignant.

            

Dr Nicole Haram

Interrogée par Medscape édition française, le Dr Nicole Haram (HEGP) souligne pourtant que les recommandations émises en 2014 par l’ESC et l’EACTS sur la revascularisation myocardique, ainsi que les recommandations ESC de 2015 sur l’arrêt cardiaque, indiquent une angiographie systématique pour tout arrêt cardiaque, à moins que celui-ci n’ait une cause évidente, comme une blessure corporelle [2,3]. « Les recommandations ne font aucune distinction entre les hommes et les femmes ».

40% des arrêts cardiaques surviennent chez des femmes

L’étude porte sur 11 420 sujets, victimes d’un arrêt cardiaque à Paris ou en banlieue entre 2011 et 2014, et dont les données ont été enregistrées prospectivement dans un registre du Centre d’Expertise sur la Mort Subite.

 
Les témoins peuvent également avoir du mal à imaginer un arrêt cardiaque chez une femme, même si nous représentons 40% de l’effectif -- Dr Nicole Haram
 

L’analyse montre que 40% des arrêts cardiaques concernent des femmes, que ces arrêt cardiaques surviennent plus fréquemment en présence de témoins que chez les hommes, mais qu’en un tel cas, l’intervention d’un témoin pour une RCP ou une défibrillation si un appareil est disponible, est moins fréquente chez une femme que chez un homme : les taux d’interventions sont de 60 et 70% respectivement.

« Il est probable qu’une RCP suscite davantage de crainte chez une femme, car nous paraissons fragiles », commente le Dr Karam. « Les témoins peuvent également avoir du mal à imaginer un arrêt cardiaque chez une femme, même si nous représentons 40% de l’effectif ».

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