Emphysème : un nouveau traitement mini-invasif et implantable

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

19 février 2016

Amélioration significative de la qualité de vie

A 6 mois, 36% des patients du groupe “spirales” ont montré une amélioration d’au moins 54 mètres dans le test de 6 minutes de marche (critère primaire) contre 18% des patients du groupe soins usuels (P = 0,03). Les paramètres de la fonction respiratoire (VEMS et diminution du volume résiduel) et de la qualité de vie estimée par le questionnaire du Saint George’s Hospital spécifique aux maladies respiratoires ont eux aussi été améliorés dans le groupe « spirales ». A 12 mois, les différences entre les deux groupes sur ces mêmes mesures de dyspnée, fonction pulmonaire et qualité de vie sont restées significatives en faveur du groupe ayant subi l’intervention mini-invasive, en revanche il n’y avait pas d’amélioration significative du test de marche de 6 minutes. Au final, « le paramètre qui varie de façon la plus significative statistiquement est le questionnaire du Saint George’s Hospital (questionnaire de qualité de vie en santé respiratoire).

Le Pr Gaëtan Deslée précise néanmoins pour Medscape, édition française : «Si en termes de capacité à l’exercice sur le test de marche de 6 minutes, les améliorations restent modestes quant aux mètres gagnés, il faut souligner que tous les patients avaient eu au préalable une réhabilitation respiratoire, c’est à dire un réentrainement à l’effort. Les patients arrivaient donc à l’inclusion de l’étude avec une condition physique optimale en termes de capacité à l’exercice ». Il ajoute qu’ « il aurait été par ailleurs intéressant de procéder à une réhabilitation respiratoire après le traitement par spirales pour voir s’il était possible d’améliorer encore la capacité à l’exercice. C’est une des limites de l’étude. »

Peu d’effets indésirables mais des résultats variables d’un patient à l’autre

Autre précision - et autre limite à cette technique - apportée par le pneumologue rémois : « les réponses au traitement par spirales varient d’un patient à l’autre, certains patients sont améliorés de façon spectaculaire alors que d’autres patients ont un bénéfice faible voire nul. Il est très important de poursuivre les efforts de recherche et d’évaluation sur cette technique pour mieux comprendre ces différences en termes de réponse au traitement. A ce stade, les facteurs prédictifs de réponse à ce traitement n’ont pas été clairement identifiés ».

Un effet indésirable grave à type de pneumonies
Les effets secondaires graves identifiés dans le cadre des études cliniques sont de fréquence faible, bien moindre que ceux notés avec les techniques chirurgicales. L’étude ne fait pas apparaitre de différence sur les effets indésirables graves entre les deux groupes de patients. « Dans le détail, le seul événement indésirable grave plus fréquemment présent après traitement par spirales est celui de pneumonies, dont les mécanismes principaux ne sont probablement pas uniquement infectieux, mais directement liés aux phénomènes de compression loco-régionale du tissu pulmonaire et de réaction inflammatoire. Il faut noter que ces pneumonies surviennent habituellement dans les semaines suivant le traitement par spirales et évoluent de façon favorable après un traitement médical simple associant une antibiothérapie et une corticothérapie » indique le Pr Deslée.

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