Une nouvelle bactérie responsable de maladie de Lyme aux Etats-Unis

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

16 février 2016

Une forte concentration bactérienne

L’une des spécificités de cette nouvelle infection à Borrelia mayonii semble être le grand nombre de bactéries observées au microscope dans une goutte de sang.

Les chercheurs ont estimé que le nombre de copies du gène oppA1/ml de sang était 180 fois supérieur à ce qui est habituellement observé avec Borrelia burgdorferi ss.

Il semble donc que la concentration de ces bactéries dans le sang soit plus importante que lors d’une infection à Borrelia burgdorferi ss.

Cas atypiques sévères de maladie de Lyme

Autre spécificité, les patients infectés par la nouvelle bactérie avaient des présentations cliniques différentes de celles observées habituellement chez les patients infectés par Borrelia burgdorferi ss.

 
En raison de ces tableaux cliniques atypiques, il est possible que l’on passe à côté de certains cas de maladie de Lyme -- Les auteurs
 

Au moins deux patients ont présenté des érythèmes diffus ne ressemblant pas à des érythèmes migrans dont l’un s’étalant sur les paumes des mains et les plantes des pieds.

Quatre patients ont souffert de nausées et de vomissements et deux de fièvres dépassant 39 °C. Ces symptômes ne sont pas classiques de la borréliose de Lyme alors qu’ils sont souvent présents dans les fièvres récurrentes à tique (un autre type de borréliose).

En outre, trois patients ont souffert de symptômes neurologiques (discours confus, somnolence profonde, problèmes visuels) et deux ont été hospitalisés.

Plus habituel, l’un des patients avait des genoux enflés et douloureux.

« En raison de ces tableaux cliniques atypiques chez les patients infectés par la nouvelle espèce de B burgdorferi sensu lato, il est possible que l’on passe à côté de certains cas de maladie de Lyme », s’inquiètent les auteurs.

Les tests de dépistage classiques restent-ils appropriés ?

La nouvelle bactérie a été découverte fortuitement chez ces 6 patients grâce aux tests utilisés par la Mayo Clinic : le diagnostic par PCR ciblant le gène oppA1 et à l l’analyse par température de fusion. En revanche, il n’est pas certain que les PCR spécifiques de Borrelia burgdorferi ss puissent détecter la nouvelle bactérie. En parallèle, les tests de dépistage immunologiques EIA se sont révélés positifs pour 4 patients sur 6, les immunoblots IgG obtenus précocement étaient positifs pour 3 patients et les immunoblots IgG obtenus après 30 jours étaient positifs pour un seul patient.

« L’identification de cette nouvelle bactérie présente en plus grande quantité dans le sang et à l’origine d’une symptomatologie différente de la maladie de Lyme induite par les autres B burgdorferi va avoir des conséquences importantes en termes de diagnostic et de prise en charge de la maladie », concluent les auteurs.

 

L’étude a été financée par les Centers for Disease Control et la Mayo Clinic.

 

REFERENCE :

1.Pritt BS, Mead PS, Hoang Johnson DK et coll., Identification of a novel pathogenic Borrelia species causing Lyme borreliosis with unusually high spirochaetaemia: a descriptive study. Lancet Infect Dis 2016 ; publié en ligne le 5 février 2016.

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