POINT DE VUE

Le paradoxe de l’efficacité des immunothérapies à des coûts insoutenables

Manuel Rodrigues

Auteurs et déclarations

22 janvier 2016

Le blog du Dr Manuel Rodrigues – Oncologue

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2015 fut une année tellement faste en oncologie qu’il est difficile de faire des choix parmi les nombreuses innovations thérapeutiques, et au sein d’une actualité très riche sur le plan des connaissances biologiques.

Les faits les plus marquant concernent néanmoins l’immunothérapie, avec l’arrivé des anti-PD1, nivolumab et pembrolizumab contre le mélanome métastatique et certains types de cancers broncho-pulmonaires. De nouvelles AMM sont par ailleurs attendues en 2016, tandis que les recherche clinique s’est lancée dans un screening à grande échelle de toutes les tumeurs susceptibles de répondre à l’immunothérapie.

On cherche également à associer des immunothérapies avec des stratégies telles que la chimiothérapie, la radiothérapie ou les thérapies ciblées, permettant de révéler les antigènes tumoraux.

Enfin, s’agissant des axes de développement, on doit citer les anti-PD-L1, attendus pour bientôt, et les travaux en cours sur la reprogrammation ex vivo de lymphocytes. Selon le Dr Rodrigues, cette dernière technique donnerait des résultats « impressionnants chez des patients réfractaires à toutes thérapeutique ». Il s’agit toutefois de « techniques complexes », qui vont être « difficiles à mettre en œuvre », et qui vont « encore faire augmenter le prix des médicaments ».

Et l’on arrive ainsi au second évènement marquant de 2015 : la prise de conscience que le coût des traitements suit une croissance « exponentielle », que l’on est maintenant « au pied du mur, avec un coût qui sera impossible à soutenir par la société civile dans les prochaines années ».

Cette question a  fait l’objet d’une présentation entière lors de la session d’ouverture du dernier congrès de l’ASCO, preuve qu’elle est maintenant au centre des débats.

En France, « les contrôles de prescription se multiplient, et la sortie de nombreux médicaments de la liste en sus est discutée », indique le Dr Rodrigues. Même si elle est « touchée de plein fouet », la cancérologie n’est d’ailleurs pas la seule discipline concernée : la rhumatologie l’est aussi, avec les anti-TNF, ou la neurologie, avec les traitements de la SEP.

Il semble qu’on n’échappera pas à une réflexion globale sur l’organisation des soins. Et cette fois,  il faudra dépasser le stade de la réflexion.

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