La surprescription d’IPP à l’hôpital augmenterait la mortalité via le risque infectieux

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

14 janvier 2016

La question du rapport bénéfice/risque des IPP à l’hôpital n’est en fait pas nouvelle. Beaucoup d’auteurs l’ont déjà posé, en s’interrogeant d’une part sur la valeur préventive GI, et d’autre part, sur le risque accru de pneumonie communautaire acquise et d’infections gastro-intestinales à C. difficile.

Il n’existe pratiquement aucune donnée sur ce rapport bénéfice/risque. Mais le fait que le pronostic de l’infection soit en général plus péjoratif que le pronostic GI, et le fait que le bénéfice GI ait été évalué principalement en réanimation, où précisément le risque GI est accru, justifie quelques doutes sur sa positivité.

L’initiation d’un IPP lors de l’hospitalisation, est associée à une augmentation nette du risque de mortalité hospitalière chez 90% des patients.

Les auteurs ont donc cherché à modéliser un rapport bénéfice/risque à partir d’un certain nombre de paramètres : incidence des ulcères GI à l’hôpital, incidence des pneumonies et des infections à C. difficile, mortalités associés à chacune de ces trois complications, risque relatif associé à la concomitance d’un IPP. On note que deux cas ont été distingués : l’IPP prescrit à l’entrée de l’hôpital et l’IPP pris avant l’hospitalisation, et simplement maintenu.

Ces paramètres ont été déterminés à partir des données publiées. Ces données varient naturellement de manière importante d’une étude à l’autre : par exemple, pour les pneumonies hospitalières, des incidences allant de 0,3% à 4,9% sont rapportées. Diverses hypothèses ont été testées. « Les résultats étaient robustes dans une grande variété de paramètres et de distributions des risques », soulignent les auteurs.

Dans le modèle de base, l’initiation d’un IPP lors de l’hospitalisation, est associée à une augmentation nette du risque de mortalité hospitalière chez 90% des patients. Le nombre de patients chez lesquels un IPP doit être instauré pour provoquer un décès, serait de 830. Quant à la continuation de l’IPP chez des patients traités chroniquement, elle pourrait être délétère dans 79% des cas.

Un autre modèle a été utilisé, beaucoup plus favorable à la prophylaxie par IPP, dans lequel le risque de mortalité par infection est fixé au 10 ème percentile de ce qu’indique la littérature, et la mortalité par saignement GI, au 90ème percentile. Dans ces conditions, seulement la moitié des patients bénéficieraient d’une prophylaxie.

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