Déterminants de l’hypertension dans la maladie rénale chronique

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

13 janvier 2016

Dr E. Vidal-Petiot

Paris, France — Hypertension et maladie rénale chronique (MRC) entretiennent des liens étroits et complexes. A la fois cause et conséquence, l’hypertension artérielle (HTA) est un facteur de progression de la MRC, et l’une de ses principales complications.

Partant du postulat qu’une meilleure appréhension des mécanismes de progression de l’insuffisance rénale chronique permettra de mieux ralentir son évolution, les efforts de recherche portent aujourd’hui sur la normalisation de la pression artérielle.

En s’appuyant sur la cohorte NephroTest, l’objectif de l’étude présentée lors des Journées de l’hypertension artérielle par le Dr Emmanuelle Vidal-Petiot (Département de Physiologie, Hôpital Bichat) était donc de décrire l’HTA et ses déterminants chez des malades rénaux chroniques.

La cohorte Nephrotest
Initiée en 2000, la cohorte NephroTest, une étude tricentrique parisienne (Tenon, Bichat, HEGP) incluant des patients adultes atteints de maladie rénale chronique (MRC) de stade 1 à 5, ni dialysés ni greffés, suivis en néphrologie. Chez ces patients, qui bénéficient d’une surveillance clinique et biologique visant à optimiser la néphro-protection, l’objectif de l’étude était de quantifier la variabilité interindividuelle persistante de la progression de l’insuffisance rénale dans ces conditions et d’étudier la participation des facteurs environnementaux, biologiques et génétiques associés à la rapidité de la progression ainsi qu’au risque cardiovasculaire.

NephroTest a inclus 2084 patients, avec un suivi prospectif observationnel de la cohorte.

Tous ont eu une évaluation initiale en service d’exploration fonctionnelle rénale avec un ensemble d’examens biologiques, cliniques et para-cliniques (notification des événements cardiovasculaires à l’inclusion comme au cours du suivi, mesure de la vitesse de l’onde de pouls, mesure du DFG, urines de 24h et à jeun).

L’originalité et la force de l’étude reposent sur l’utilisation d’un ensemble de mesures de référence dont celle du débit de filtration glomérulaire (DFG) par la clairance de l’EDTA marqué au chrome (51Cr-EDTA) et du volume extracellulaire par la distribution du même traceur. La pression artérielle clinique, quant à elle, a été établie en faisant la moyenne de 3 mesures.

Qui sont les patients non hypertendus de la cohorte NephroTest ?

Sur les 2084 patients inclus dans NephroTest, 1938 ont été retenus dans cette étude. Ils présentaient un âge moyen de 59,2 ans, un risque cardiovasculaire élevé, 28% étaient diabétiques, et leur débit de filtration glomérulaire (DFG) moyen était de 41,4 + 19,6ml/min/1,73m2. Tous les types de néphropathie sont représentés.

Sur l’ensemble de la cohorte 94% des patients étaient hypertendus, avec une prévalence de quasiment 100% chez ceux qui présentaient un DFG < 15 ml/min/1,73 m2. « C’est-à-dire une prévalence relativement similaire à celle retrouvée dans une cohorte relativement proche, à savoir la cohorte américaine CRIC [2] où la prévalence de l’HTA sur l’ensemble des patients était de 85,7% » commente le Dr Vidal-Petiot.

Les chercheurs ont cherché à savoir qui étaient les patients non hypertendus de la cohorte NephroTest. « Sans grande surprise, ce sont les patients plus jeunes, avec un moindre index de masse corporelle (IMC), une fonction rénale supérieure, sans albuminurie et plutôt des femmes non diabétiques » répond l’oratrice.

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