SPRINT : réduction de 27% de la mortalité générale avec une cible de PAS à 120 mm Hg

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

10 novembre 2015

Le débat sur les cibles tensionnelles : éternel mouvement de balancier

Contextuellement, l’étude SPRINT doit être resituée dans un débat sur les cibles tensionnelles, qui a été relancé fin 2013 par les recommandations émises par le JNC-8 (Eighth Joint National Committee). A l’inverse de SPRINT, ces recommandations proposent des cibles tensionnelles moins strictes chez les diabétiques, les insuffisants rénaux chroniques et les adultes à partir de 60 ans. Grosso modo, avec la cible de 150 mm Hg de PAS recommandée dans ces populations, 6 millions d’américains sortaient des indications d’un traitement antihypertenseur.

L’étude SPRINT, elle, a été lancée en novembre 2010, dans 102 sites, tous américains, chez 9361 sujets de plus de 50 ans, et présentant une PAS comprise entre 130 et 180 mm Hg. On note que tous ces participants présentaient un autre facteur de risque CV : 75 ans ou plus (28%), atteinte rénale chronique (28%), affection CV clinique (17%) ou subclinique (5%), un score de Framingham indiquant un risque d’évènement > 15% à 10 ans (61%).

L’effectif recruté (jusqu’en mars 2013) compte 36% de femmes. L’âge moyen est de 68 ans dans le groupe <75 ans et de 80 ans dans le groupe des > 75 ans. Les PAS et PAD à l’entrée étaient de 140 et 78 mm Hg, et l’IMC de 30 kg/m2. On note également que l’effectif comportait 30% d’afro-américains, dont les particularités vis à vis de l’HTA sont connues.

Pour un antihypertenseur de plus

L’étude était menée en ouvert, et le choix des traitements antihypertenseurs étaient laissés à l’appréciation des médecins traitants. Dans le groupe traitement intensif, les patients ont reçus 2,8 antihypertenseurs en moyenne, contre 1,8 dans le groupe standard. Les auteurs soulignent que « la distribution relative des traitements antihypertenseurs était identique dans les deux groupes ».

Le suivi moyen a été de 3,26 ans, avant l’interruption en août dernier. Durant ce suivi, la PAS dans le groupe intensif a été de 121,5 mm Hg, contre 134,6 mm Hg dans le groupe standard. Ces chiffres ont été stables tout au long de la période d’étude. Les PAD étaient de 68,7 mm Hg et 76,3 mm Hg.

Les résultats : moins d’évènements, plus d’effets secondaires

Le critère primaire était un composite associant infarctus du myocarde, syndrome coronarien aigu, AVC, décompensation aiguë d’insuffisance cardiaque, décès CV.

Ce critère primaire a été observé chez 562 participants, 243 dans le groupe intensif, et 319 dans le groupe standard – soit des incidences annuelles de 1,65% et 2,19% respectivement (p<0,001). « La séparation des deux groupes sur le critère primaire était apparente à 1 an », notent les auteurs.

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