Imagerie pédiatrique : des besoins en IRM et en formation

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

4 novembre 2015

Paris, France – Une enquête réalisée à l’initiative de la Société française de radiologie et la Société française de pédiatrie auprès des radiologues et des pédiatres sur l’accès à l’imagerie pédiatrique montre des résultats satisfaisants pour la radiographie standard et l’échographie généraliste, mais des délais encore beaucoup trop longs pour l’IRM et, dans une moindre mesure, pour le scanner. Cette imagerie en coupes est d’ailleurs le plus souvent réalisée en milieu hospitalier, en raison de la nécessité d’une prise en charge particulière, en particulier chez les moins de 6 ans, et d’un manque de formation de la part des radiologues libéraux comme des hospitaliers. Analyse et commentaires des résultats de l’enquête par les Prs Hubert Ducou Le Pointe (radiologue, Trousseau, Paris) et Christophe Delacourt (pédiatre, Necker, Paris).

Nécessité d’une prise en charge spécifiquement pédiatrique et donc de formation

« Quelle qualité d’accès à l’imagerie pour nos enfants ? ». Pour le savoir, une enquête a été menée en ligne par la société Adexsol auprès d’un échantillon de 754 praticiens, dont 514 radiologues (dont 191 libéraux) et 240 pédiatres, de mai à août 2015. Assez curieusement, «c’est la première étude qui nous donne des informations objectives sur la pratique de l’imagerie pédiatrique», note le Pr Ducou Le Pointe. Elle montre que les pédiatres adressent généralement les enfants aux radiologues de ville pour l’imagerie généraliste, c’est-à-dire la radiographie standard et l’échographie (sauf pour le nourrisson), avec un recours au secteur libéral globalement plus important pour les enfants de plus de 6 ans.

Lorsqu’ils prescrivent une IRM, 88% des pédiatres adressent l’enfant en milieu hospitalier, 64% au CHU et 24% dans un établissement de santé; pour un scanner, les trois quarts des pédiatres envoient également l’enfant à l’hôpital, le plus souvent au CHU (50%).

 
L’enfant n’est pas un petit adulte -- Pr Christophe Delacourt
 

« Ces examens, et encore plus chez les moins de 6 ans, requièrent une prise en charge spécifiquement pédiatrique. Quand l’IRM est en jeu, il y a nécessité d’une mise en confiance de l’enfant » commente le radiologue. « L’enfant n’est pas un petit adulte, surenchérit le Pr Delacourt. Il faut l’examiner, le préparer, le rassurer, le sédater dans le cas de l’IRM, et donc le surveiller pendant et après, cela demande beaucoup plus de temps. »

Les réponses des radiologues vont dans le même sens. Alors que la majorité d’entre eux font des radiographies standard et des échographies généralistes y compris chez les jeunes enfants, seulement 46% disent réaliser des scanners chez des enfants de moins de 6 ans et 41% des IRM.

Chez les plus de 6 ans, ces chiffres sont plus élevés, 69% pour le scanner, 67% pour l’IRM. La nécessité d’une prise en charge particulière est le premier motif de non réalisation de certains examens chez les enfants de moins de 6 ans chez les radiologues libéraux (65%), le second pour les hospitaliers (41%) juste derrière le manque de formation invoqué pour 45% d’entre eux. Une formation insuffisante est avancée par 31% des libéraux. Seuls 46% des radiologues interrogés sont en capacité de pratiquer des sédations – toujours nécessaires pour réaliser une IRM chez les enfants et qui, pour le scanner, s’imposent jusqu’à 2 ans et demi-3 ans au minimum.

Les indications des scanners et IRM chez l’enfant
Le scanner représente 2% des actes d’imagerie réalisés chez l’enfant (130 000 scanners/an). L’encéphale est la première zone explorée, le traumatisme crânien étant le premier motif d’examen. Viennent ensuite les scanners du thorax à la recherche d’une malformation pulmonaire ou en cas de suspicion d’une pathologie infectieuse.

Chez l’adolescent, les indications se diversifient avec la pathologie abdominale et les scanners des membres.

Nombre d’actes de scanographie par zone anatomique explorée, en 2010, pour 1000 enfants

Pour les indications de l’IRM, la recherche d’une pathologie du système nerveux (encéphale et moelle) motive à elle seule plus de la moitié des examens (de 60% à 70%). Les principales indications sont les céphalées, l’épilepsie, le retard psychomoteur et les maladies inflammatoires. L’IRM du rachis et des membres représentent environ 15 à 20% avec comme indications principales les pathologies traumatiques, malformatives et plus rarement tumorales.

Des délais trop longs surtout pour l’IRM

Ce n’est pas une surprise : les délais d’obtention des examens augmentent avec leur complexité (échographie du nourrisson, scanner et IRM) tant pour les pédiatres hospitaliers que libéraux et ces délais restent trop longs, souligne le Pr Ducou Le Pointe. Si la radiographie standard est obtenue dans la journée dans 68% des cas, et dans la semaine dans 31% des cas, seulement 8% des prescriptions d’échographie

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