Palmarès des remboursements de médicaments 2014 : Humira, Crestor, Doliprane en tête

Jean-Bernard Gervais

Auteurs et déclarations

28 octobre 2015

Paris, France – La fin d’un règne ? Il semble bien. Selon les données de l’assurance maladie, le Lucentis®, indiqué dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge, (DMLA) n’est plus le médicament le plus remboursé en 2014 [1]. Il dégringole à la quatrième position des médicaments les plus prescrits délivrés en officine de ville. Il est précédé, en première position, par Humira® (395 millions d’euros), suivi par Crestor® (322,2 millions d’euros), Doliprane® (320,9 millions d’euros). Lucentis® n’est plus remboursé qu’à hauteur de 318,3 millions d’euros, contre 428,6 millions d’euros en 2013.

Cause de cette chute vertigineuse de 26% : une baisse du prix du Lucentis® en 5 étapes (juillet 2012, février 2013, mai 2014, juillet 2014, et avril 2015), auquel s’ajoute l’arrivée d’un concurrent, Eylea®. Il est encore trop tôt pour juger de l’effet qu’aura l’arrivée de l’Avastin® dans le traitement de la DMLA, puisque cette spécialité ne sera autorisée qu’en 2016.

Top des médicaments les plus remboursés
  1. Humira® (AbbVie, 395 millions d’euros)

  2. Crestor® (AstraZeneca, 322,2 millions d’euros)

  3. Doliprane® (Sanofi, 320,9 millions d’euros)

  4. Lucentis® (Novartis, 318,3 millions d’euros)

Hausse de 503 millions d’euros pour les traitements contre l’hépatite C

Au global, les remboursements de médicaments en 2014 sont en hausse de 3,8% en 2014, soit 23 milliards d’euros contre 22,1 milliards d’euros en 2013. C’est la première hausse depuis 2011, après deux années de baisse et une année de stabilisation.

Cause de cette augmentation : l’arrivée des nouveaux antiviraux d’action directe (NAAD) dans le traitement de l’hépatite C.

En 2014, les dépenses liées aux traitements hépatiques sont de 514 millions d’euros, soit une hausse de + 503 millions d’euros par rapport à 2013. Les spécialités concernées sont Sovaldi® (334,2 millions d’euros), Daklinza® (113,8 millions d’euros) et Olysio® (60,8 millions d’euros).

Hors médicaments en rétrocession hospitalière, dont font tous partie les NAAD, on assiste à une baisse des remboursements de l’ordre de 1%, contre 0,3% en 2013.

En revanche, les dépenses liées à la rétrocession hospitalière augmentent de 63,6%, et s’élèvent à 2,7 milliards contre 1,6 milliard en 2013.

Trois tendances favorisent l’augmentation des dépenses

Trois tendances ont poussé les remboursements à la hausse. Outre l’arrivée des nouveaux traitements contre l’hépatite C, 2014 a également été marqué par une hausse du taux de prise en charge des médicaments de 1%, passant de 81% en 2013 à 82% en 2014, due à l’augmentation des dépenses exonérées au titre d’affections de longue durée (ALD). À cela s’ajoute une croissance en volume de +0,7% due en grande partie aux ventes d’antalgiques et antimigraineux, dont les volumes sont en hausse de +2,7%. Le contexte épidémiologique de l’hiver 2014 explique en grande partie cette augmentation.

Et deux facteurs sont en faveur d’une baisse

Parmi les facteurs qui ont néanmoins fait en sorte que les dépenses soient contenues, les génériques ont joué un rôle important.

La substitution générique a permis de faire des économies de 1,73 milliard d’euros, à comparer avec 1,77 milliard d’euros en 2013.

Deuxième effet notable qui a permis de contenir les dépenses, les baisses tarifaires : ces baisses ont permis une économie de 818 millions d’euros, soit une baisse de 3,7%, comparable à la baisse de 2013, de 3,8%.

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