Bons résultats de l’anti-CD20, ocrelizumab, dans la SEP récurrente-rémittente

Aude Lecrubier, Pauline Anderson, Sue Hugues

Auteurs et déclarations

2 novembre 2015

Barcelone, Espagne ―Selon les résultats des essais de phase 3 OPERA I et OPERA II présentés lors de l’ECTRIMS ( European Committee for Treatment and Research in Multiple Sclerosis) 2015, l’anticorps monoclonal injectable ocrelizumab est efficace et particulièrement bien toléré dans la sclérose en plaques récurrente-rémittente (SEP-RR) [1]. A ces résultats positifs dans la SEP-RR s’ajoutent ceux de l’essai ORATORIO qui laissent espérer que l’ocrelizumab pourrait devenir le premier traitement efficace dans la SEP primaire progressive.

L’ocrelizumab (Roche) est un anticorps monoclonal qui cible les lymphocytes CD20. Ces derniers seraient impliqués dans la destruction de la myéline et des axones observés dans la sclérose en plaques.

« Ces résultats sont très importants. L’efficacité démontrée dans la SEP-RR est équivalente à celle obtenue avec les autres médicaments dont on dispose actuellement, mais, contrairement aux autres médicaments très efficaces, l’ocrelizumab semble avoir un meilleur profil de sécurité », a commenté le Dr Stephen Hauser (Ecole de médecine de San Francisco de l’Université de Californie, Etats-Unis), auteur des essais, pour l’édition anglaise de Medscape.

 
Ces résultats pourraient encourager les experts à évaluer l’intérêt d’un traitement plus agressif, plus précocement-- Dr Stephen Hauser
 

Il ajoute : « Alors que l’arsenal thérapeutique a explosé au cours des dernières années, en général, les médicaments les moins efficaces sont les mieux tolérées et les plus efficaces sont les moins bien tolérés. Nous avons besoin de médicaments qui sont à la fois très surs et efficaces. Ces résultats suggèrent que l’ocrelizumab pourrait être un bon candidat. »

En raison de ce bon rapport bénéfice-risque, l’ocrelizumab pourrait même être prescrit plus tôt, selon le Dr Hauser. « Ces résultats pourraient encourager les experts à évaluer l’intérêt d’un traitement plus agressif, plus précocement. Actuellement, de nombreux médecins réservent les médicaments considérés comme très efficaces de la SEP aux patients les plus atteints. »

Ocrelizumab versus interféron β-1a

Les essais OPERA I et OPERA II sont deux essais identiques qui ont comparé l’ocrelizumab en IV (600 mg tous les 6 mois) à l’interféron β-1a (44 µg injectés en sous-cutané trois fois par semaine) chez 1656 patients atteints de SEP-RR depuis 2 ans.

Les principaux résultats montrent que, sur une période de 2 ans, comparé à l’interféron β-1a, l’ocrelizumab induit des baisses:

- du taux de rechute annuel. Moins 46 % et moins 47 % dans OPERA I et OPERA II, respectivement, (p<0,0001 et p<0,0001).

- du risque de progression du handicap pendant 12 semaines consécutives. Moins 43 % et moins 37 % dans OPERA I et OPERA II, respectivement (p<0,0139 et p<0,0169).

- du risque de progression du handicap pendant 24 semaines consécutives. Moins 43 % et moins 37 % dans OPERA I et OPERA II, respectivement (p<0,0278 et p<0,0370).

-du nombre total de lésions T1. Moins 94% et moins 95 % dans OPERA I et OPERA II, respectivement (p<0,0001 et p<0,0001).

-du nombre total de nouvelles lésions hyperintenses T2 ou de lésions évolutives. Moins 77% et moins 83 % dans OPERA I et OPERA II, respectivement (p<0,0001 et p<0,0001).

Un profil de tolérance satisfaisant

Concernant les effets secondaires, d’après les résultats d’une analyse poolée des deux essais, ils sont similaires dans les groupes traités par ocrelizumab et par interféron β-1a (83,3% dans chaque groupe).

L’effet secondaire le plus fréquent concerne les réactions au point d’injection (34,3% des patients ayant reçu de l’ocrelizumab ont eu au moins une réaction au point d’injection vs 9,7 % des patients dans le groupe interféron β-1a).

Les proportions d’effets secondaires graves associées à l’ocrelizumab, et notamment d’infections sévères, sont similaires à celles observées avec l’interféron β-1a (6,9% vs 8,7%, respectivement).

D’après les études pré-cliniques, l’ocrelizumab ne se lie pas aux cellules souches ou aux cellules plasmatiques ce qui suggère que d’importantes fonctions du système immunitaire seraient préservées.

A ces résultats positifs dans la SEP-RR s’ajoutent ceux, particulièrement porteurs d’espoirs, de l’essai ORATORIO qui laissent espérer que l’ocrelizumab pourrait devenir le premier traitement efficace dans la SEP primaire progressive. Les résultats d’ORATORIO ont également fait l’objet d’une présentation à l’ECTRIMS 2015 (voir notre article).

L’ensemble des données de ces trois essais de phase 3 seront présentées aux autorités de régulation en vue d’obtenir des autorisations de mises sur le marché début 2016.

 

Les études ont été financées par le laboratoire Roche.

 

REFERENCE:

1. Congress of the European Committee for Treatment and Research in Multiple Sclerosis (ECTRIMS) 2015. Résumés 246 et 2368.

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