La FDA approuve une deuxième immunothérapie dans le cancer du poumon

Stéphanie Lavaud

Auteurs et déclarations

19 octobre 2015

SilverSpring, Etats-Unis – La Food and Drug Administration (FDA) vient d’approuver (en mode accéléré) le pembrolizumab (Keytruda®, Merck) dans le cancer bronchique (squameux et non squameux) non à petites cellules métastatiques dans certaines conditions : après que le cancer a progressé, suite à l’échec d’autres traitements et quand la tumeur exprime la protéine anti PD-L1 [1,2].

L’approbation s’étend au diagnostic compagnon pharmDx test PD-L1 IHC 22C3, le premier test mis au point pour détecter l’expression de PD-L1 dans les tumeurs non à petites cellules. C’est une deuxième option de traitement dans la classe thérapeutique des anticancéreux qui ciblent la voie des PD-1/ PD-L1 après qu’un autre médicament, Opdivo® (nivolumab) des laboratoires Bristol-Myers Squibb, a lui aussi reçu une AMM en Europe et aux Etats-Unis dans le traitement du CBNPC squameux (ou épidermoïde) au début 2015. Dans la foulée de l’AMM du pembrolizumab, la FDA vient d’ailleurs tout juste d’étendre celle du nivolumab au cancer bronchique non à petites cellules métastatiques non squameux cette fois-ci, mettant les deux molécules à égalité en termes d’indication [3].

Taux de réponse global de 41%

A ce stade, l’approbation du pembrolizumab par les Autorités américaines s’appuie sur deux résultats prometteurs : le taux de réponse tumoral et la durée de cette réponse, plutôt que sur la survie ou une réduction des symptômes. De la validation des bénéfices cliniques du pembrolizumab dans les études à venir dépendra la confirmation de l’autorisation - donnée de façon accélérée au vu des apports conférés par la molécule dans le contexte actuel dans traitement du CBNPC.

Le pembrolizumab : un PD-1 (programmed death receptor-1) approuvé aussi dans le mélanome
Le pembrolizumab agit en ciblant la voie cellulaire dite PD-1/PD-L1, un récepteur exprimé à le surface des lymphocytes. Ces récepteurs modulent une voie qui conduit à « supprimer » l’activation des lymphocytes T, cette même voie est utilisée par les cellules cancéreuses leur permettant « d’échapper » à la réponse immunitaire de l’hôte. En bloquant cette régulation négative via le ciblage de PD-1 et de ses ligands, Keytruda® est susceptible de renforcer la capacité du système immunitaire à lutter contre les cellules cancéreuses. Le pembrolizumab a été approuvé par la FDA en septembre 2014 contre le mélanome à un stade avancé ou métastatique, ne répondant à aucun autre traitement.

L’efficacité a été établie dans l’étude KEYNOTE-001 qui a inclus 280 patients présentant un CBNPC à un stade avancé, lequel avait progressé après une chimiothérapie à base de platinium ou après une thérapie ciblée pour certaines anomalies génétiques (ALK or EGFR). L’évaluation repose plus précisément sur un sous-groupe de 61 patients (défini de façon prospective) qui présentait des tumeurs positives pour PD-L1 (sur la base des résultats du test compagnon 22C3 pharmDx). Les participants ont reçu une monothérapie de 10 mg/kg de Keytruda® toutes les deux ou trois semaines jusqu’à intolérance du traitement ou progression de la maladie. Chez ces 61 patients, le taux de réponse global (c’est-à-dire le pourcentage de patients qui présentaient une disparition partielle ou totale de leurs tumeurs) a été de 41 % (n=25/61) chez les patients sous Keytruda® ; il s’agissait à chaque fois de réponses partielles. Chez 84% de ces patients, la réponse s’est prolongée dans le temps, allant jusqu’à 6 mois chez 11 d’entre eux.

Le Keytruda® n’est, bien sûr, pas dénué d’effets secondaires. Sur une large étude comprenant 550 patients, les plus fréquents (rapportés chez au moins 20% des patients) ont été la fatigue (44%), une diminution de l’appétit (25%), une dyspnée (23%) et la toux (29%). D’autres effets secondaires sévères à forte composante immunitaire (inflammation) ont aussi été observés, au niveau des poumons, du côlon et des glandes endocrines (hépatite, hyper et hypothyroïdie, etc). D’autres moins fréquents comme des rashs cutanés et une inflammation des vaisseaux sanguins ont aussi été notés, de même qu’un syndrome de Guillain-Barré.

D’autres immunothérapies sont actuellement testées dans le cancer bronchique, notamment l’atezolizumab de Genentech, un inhibiteur de PD-L1, dont deux études de phase II présentées à l’European Cancer Congress cette année ont montré des résultats positifs [4].

 

REFERENCES :

  1. FDA approves Keytruda for advanced non-small cell lung cancer, 02/10/2015

  2. Merck. FDA Approves KEYTRUDA® (pembrolizumab) for the Treatment of Patients with Metastatic Non-Small Cell Lung Cancer Whose Tumors Express PD-L1 with Disease Progression On or After Platinum-Containing Chemotherapy, 02/10/2015

  3. FDA expands approved use of Opdivo in advanced lung cancer , 09/10/2015

  4. Two Positive Studies of Genentech’s Investigational Cancer Immunotherapy Atezolizumab in Specific Type of Lung Cancer Presented at 2015 European Cancer Congress, 26/09/2015.

Commenter

3090D553-9492-4563-8681-AD288FA52ACE
Les commentaires peuvent être sujets à modération. Veuillez consulter les Conditions d'utilisation du forum.

Traitement....