SEP : le déficit en vitamine D pourrait être un facteur causal

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

23 septembre 2015

Montréal, Canada – Une étude canadienne conforte la notion d’un rôle causal du définit en vitamine D (vit D) dans la sclérose en plaques (SEP) [1]. La supplémentation des patients en vit D, qui ne tirait jusqu’à présent argument que d’études observationnelles, apparait donc a postériori justifiée. Mais les auteurs soulèvent en outre la question d’une éventuelle prévention, chez les sujets à risque de développer une SEP.

« La détermination génétique d’un faible taux de 25-hydroxyvitamine D (25-OHD) est fortement associée à une susceptibilité accrue à la SEP. Des essais randomisés et contrôlés, à long terme, sont donc justifiés pour rechercher un effet préventif d’une supplémentation en vit D », écrivent-ils.  

L’association entre faible taux de vit D et SEP a été suggérée par un gradient épidémiologique Nord-Sud (dans l’hémisphère Nord), et confirmé par un certain nombre d’études observationnelles, notamment la Nurses Health Study.

La vit D étant par ailleurs connue pour son rôle dans l’immunité – il s’agirait notamment d’un régulateur du complexe majeur d’histocompatibilité (CMH) de classe II – son implication dans des manifestations auto-immunes parait plausible. Au demeurant, un déficit en vit D a également été mis en cause dans le diabète de type 1 [2].

Dans la SEP, le rôle causal du déficit n’a toutefois jamais été démontré, faute d’étude randomisée. Stricto sensu, le présent travail ne démontre pas l’hypothèse. Il la conforte néanmoins très sérieusement, grâce à une méthodologie assez particulière, dite randomisation mendélienne (voir encadré ci-dessous et le blog du Pr Steg ).

Le recours à des marqueurs génétiques

Dans un premier temps, les auteurs ont identifiés quatre SNP (single nucleotid polymorphism) étroitement associés au taux de 25-OHD, première forme métabolique de la vit D après métabolisation dans le foie. Ces SNP ont été identifiés dans l’étude SUNLIGHT (Study of Underlying Genetic Determinants of Vitamin D and Highly Related Traits), plus vaste étude recherchant des gènes impliqués dans le taux de vit D (n=34 000 personnes d’origine européenne).

Les quatre SNP identifiés « sont tous situés dans ou à proximité de gènes fortement impliqués dans des mécanismes distincts de synthèse, de transport ou le métabolisme de la vit D », soulignent les auteurs.

Les SNP dont l’impact phénotypique est analysé dans l’étude sont : rs2282679 dans GC (qui code la vitamin D binging protein), rs12785878 à proximité de DHCR7 (qui code un enzyme convertissant le 7 dehydrocholestérol en cholestérol), rs10741657 à proximité de CYP2R1 (qui code le cytochrome assurant la 25-hydroxylation de la vit D dans le foie), et rs6013897 dans CYP24A1 (qui code le cytochrome inactivant la forme active de la vit D).

L’impact de ces SNP sur le taux de 25-OHD a ensuite été évalué dans la Canadian Multicentre Osteoporosis Study (n=2347). « Chaque SNP explique une proportion importante de la variance du taux de 25-OHD dans cette population », indiquent les auteurs.

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