Autotests VIH en pharmacie le 15 septembre : les « Questions-Réponses » de la HAS

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

7 septembre 2015

Saint-Denis, France – Les nouveaux autotests de dépistage de l’infection par le VIH (ADVIH) à faire à domicile seront disponibles en pharmacie, sans ordonnance, dès le 15 septembre. Cette petite révolution dans le monde du dépistage a incité la Haute autorité de santé (HAS) à mettre à disposition des professionnels de santé et des associations un document d’information pour les aider à répondre aux utilisateurs potentiels [1].

Dans son livret sous forme de « Questions-Réponses » d’une dizaine de pages, l’HAS insiste sur plusieurs points visant à optimiser la bonne utilisation de ces nouveaux tests commercialisés par la société AAZ.

Un dispositif de dépistage en plus

« L’autotest de dépistage du VIH est un outil complémentaire au dispositif de dépistage actuel et il ne doit pas s’y substituer », indique la HAS.

Elle précise qu’aucun ADVIH, même ceux ayant le marquage CE, n’est fiable à 100 % et que tout résultat positif doit être confirmé par un test en laboratoire (Elisa de 4e génération). Elle rappelle que ces tests ne détectent pas les autres infections sexuellement transmissibles, ni les hépatites virales.

Le livret précise que les autotests ne permettent pas de différencier une infection de type VIH-1 ou de type VIH-2

Quelle fiabilité ?

La HAS précise que comparés aux tests de laboratoire (Elisa de 4e génération), les ADVIH sont peu sensibles en période d’infection récente. Un résultat négatif d’ADVIH ne peut être considéré comme fiable que s’il n’y a pas eu de prise de risque au cours des 3 derniers mois avant la réalisation du test. Aussi, les ADVIH sur fluide gingival sont moins sensibles que les ADVIH sanguins en raison de la plus faible concentration en anticorps. Elle souligne que les ADVIH, en particulier les tests sur fluide gingival, peuvent être faussement négatifs chez les patients infectés par le VIH, traités par antirétroviraux (ARV) et ayant une charge virale indétectable en raison de la diminution des anticorps anti-VIH. Il n’a pas été noté d’autres prises médicamenteuses pouvant modifier le résultat de l’ADVIH.

A noter, le test commercialisé en France est réalisé sur sang capillaire.

Comment bien l’utiliser ?

La HAS recommande de conserver le kit et de réaliser le test dans les conditions indiquées par le fabricant. Lors de la réaction du test, une bande (ou point) colorée « contrôle » doit apparaître. Si ce n’est pas le cas, cela signifie que le test a été mal réalisé ou qu’il n’était pas fonctionnel.

Elle insiste sur l’importance de respecter la fenêtre de lecture indiquée sur la notice (le plus souvent 20- 30 minutes). Avant et au-delà de cette période, le résultat n’est pas fiable.

A quel âge ?

Une personne mineure peut faire un ADVIH sans l’accord parental. L’information délivrée doit cependant être adaptée à sa maturité. Dans ce cas, « l’orientation vers des structures compétentes (association, CDAG/ CIDDIST [futurs CeGIDD]) est très souhaitable », conseille la HAS. Elle précise aussi, les ADVIH ne doivent pas être utilisés chez les enfants de moins de 18 mois.

Quel accompagnement ?

En cas de doutes et d’interrogations l’utilisateur peut s’adresser à son pharmacien, à une association de lutte contre le sida ou appeler le n° vert de Sida Info Service (0 800 840 800 appel anonyme et gratuit). Ce dernier propose une information sur le VIH et les ADVIH 24 h/24 et 7 j/7.

Sida Info Service met à disposition sur son site www.sida-info-service.org la liste des : CDAG ; CIDDIST ; services hospitaliers VIH ; PASS et autres structures offrant des soins aux plus démunis ; structures établies par les COREVIH ; associations et antennes locales d’associations de lutte contre le sida. La liste des structures auxquelles s’adresser sera également disponible dans le livret mis à jour par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes).

Mais encore…

Autres points clés, la HAS rappelle l’importance d’un traitement précoce en cas d’infection à VIH confirmée. Elle souligne que des évaluations devront être mises en place afin de suivre l’utilisation des autotests de dépistage de l’infection par le VIH.

 

REFERENCE :

1. HAS. Questions-Réponses. Autotests de dépistage de l’infection par le VIH. Mars 2015

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