Seniors : le palmarès des médicaments à déprescrire en priorité

Vincent Bargoin

Auteurs et déclarations

9 juillet 2015

On note que l’effectif du panel s’est considérablement réduit en cours d’étude, diminuant de 65 initialement à 47 à la fin du troisième passage du questionnaire. « Le nombre de pharmaciens qui ont participé à toutes les étapes de l’étude est significativement plus élevé que le nombre de médecins et d’infirmières. Plus de 50% des médecins et 40% des infirmières ont abandonné l’étude en cours, alors que plus de 90% des pharmaciens ont participé jusqu’à son terme », soulignent les auteurs. « Rien ne prouve qu’avec un profil de participation différent, les priorités identifiées auraient été distinctes », ajoutent-ils. Il reste qu’apparemment, en tout cas au Canada, les pharmaciens se sentent beaucoup plus concernés que les médecins et infirmières par la iatrogénie médicamenteuse chez le sujet âgé.

Une liste de 14 médicaments ou classes thérapeutiques

La question posée était toujours la même : « quels sont les médicaments et ou classes thérapeutiques pour lesquels l’élaboration de recommandations de déprescription semble prioritaire ? ».

Parmi les 29 médicaments de la liste initiale, 14 ont été retenus en raison d’un consensus d’au moins 70% des participants au panel, ainsi que deux classes – les anticonvulsivants et les biphosphonates – qui ont été rajoutés par plus de 10% des participants.

Le top 5 de cette première liste modifiée était le suivant : benzodiazépines, antipsychotiques atypiques, IPP, antipsychotiques de première génération, zopiclone (Imovane® et Ge.), soit 4 psychotropes (voir notre article et commentaire du Dr Lemoine, Médicaments psychiatriques : sont-ils plus nuisibles que bénéfiques ?)

Top 5 liste, première lecture

• Benzodiazépines,
• Antipsychotiques atypiques,
• IPP,
• antipsychotiques de première génération,
• zopiclone

On note que les experts avaient la possibilité d’ajouter des commentaires qualitatifs. Pour illustrer les divergences, les auteurs en citent deux, qui concernent les antidépresseurs, inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS). Pour un expert affectant à cette classe une priorité basse (pour des recommandations de déprescription),

« ces médicaments sont sous-utilisés, et il est probable que les patients ont besoin d’un traitement au long cours, les premiers épisodes dépressifs chez les patients âgés étant moins fréquents que les dépressions apparaissant chez l’adulte ». Un autre expert qui a, lui (ou elle) estimé que les IRS méritent un examen rapide de leurs conditions de déprescription souligne que l’on s’interroge toujours sur la valeur des antidépresseurs chez les patients de plus de 85 ans ». (Finalement, les IRS ont bien été retenus dans première liste, en 13ème position).

Cette liste révisée a été soumise une seconde fois au panel, qui a cette fois établi le top 5 suivant : benzodiazépines, antipsychotiques atypiques, antidépresseurs tricycliques, antipsychotiques de premières générations, statines.

Top 5 liste, deuxième relecture

• Benzodiazépines,
• Antipsychotiques atypiques,
• Antidépresseurs tricycliques,
• Antipsychotiques de premières générations,
• Statines.

L’analyse des commentaires émis lors de cette seconde phase suggère aux auteurs que les membres du panel ont utilisés cinq critères pour établir leur jugement : le risque encouru sous traitement, les questions sur le bénéfice du traitement, la prévalence de la surprescription, les difficultés liées à l’interruption du traitement, et l’existence d’alternatives thérapeutiques.

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