Etudiants de Cluj en Roumanie : l’Ordre ne peut pas rester indifférent

Jean-Bernard Gervais

Auteurs et déclarations

7 juillet 2015

Paris, France – Les étudiants en médecine français qui se sont expatriés en Roumanie pour faire médecine après échec du tronc commun (PACE) en France et qui reviennent passer les épreuves classantes nationales (ECN) sont en augmentation. Lors de la récente présentation de l’atlas de la démographie médicale du conseil national de l’ordre (CNOM), le Dr Patrick Bouet, président du CNOM a donné les chiffres. « Les concernant, nous n’avons que trois années de recul. On en a d’abord comptabilisé 18, puis ils étaient 25 il y a deux ans, et 96 cette année. Nous les comptabilisons dans la cohorte des diplômés français ».

Ces étudiants, qui ont défrayé la chronique en mars et avril dernier, quand deux d’entre eux se sont suicidés sur le campus de l’université de Cluj-Napoca, font l’objet de toutes les attentions des pouvoirs publics, mais aussi de l’Ordre des médecins.

« Cette situation nous interpelle, par rapport à la sélection des étudiants, tant en ce qui concerne le numerus clausus que les ECN. Il faut y voir une remise en question du dispositif censé assurer la régulation des professionnels de santé, puisque des dispositifs légaux permettent actuellement de les contourner », assure-t-il.

Pour résoudre ce problème, le Conseil de l’Ordre devrait dès la rentrée, en septembre ou octobre, se rendre à Cluj pour une mission d’études, et « envisager une capacité de formation sur place plus adaptée ».

Meilleure préparation des ECN en Roumanie

Nous faisons le constat que le numerus clausus n’est pas la solution de régulation, mais nous n’appelons pas, pour autant, à sa disparition.

« En France en sixième année, sur le plan présentiel, des aménagements sont prévus en vue de la préparation des ECN, ce qui n’est pas le cas en Roumanie. Qui plus est, ces étudiants en Roumanie n’ont pas, non plus, accès à la plateforme française de préparation à l’ECN SIDES-sante (NDLR : plate-forme informatique commune dédiée à l'évaluation et à la préparation aux ECN).

Nous allons tenter de faire en sorte que l’université de Cluj puisse proposer aux étudiants français l’accès à cette plateforme. Mais pour ce faire, il faut que les universités françaises soient d’accord. Avec la doyenne de Cluj nous allons donc tenter de hisser le niveau des études de Cluj pour que les étudiants français puissent avoir accès à la plateforme SIDES-sante. »

Pour le Conseil de l’Ordre, il s’agit donc d’améliorer la formation des étudiants français à l’étranger, plutôt que de supprimer le numerus clausus : « Nous faisons le constat que le numerus clausus n’est pas la solution de régulation, mais nous n’appelons pas, pour autant, à sa disparition. »

En France, des étudiants peu « motivés »

Autre fait mis en relief l’atlas de la démographie médicale : près de 25% des étudiants en médecine n’exercent pas la médecine. Un chiffre que le conseil de l’ordre met sur le compte d’un manque de motivation et qui n’est certainement pas le cas des étudiants français expatriés à Cluj…

Là encore, le Conseil propose une série de mesures : « Avec le secrétariat d’Etat à l’Enseignement supérieur ainsi qu’avec le ministère de la Santé, nous devons repenser le processus de sélection des étudiants. Nous proposons de prendre en compte la motivation des étudiants et pas seulement la prise en compte des résultats aux examens, ce qui nous permettrait de diminuer ces 25% de perte en fin de cursus universitaire. Nous défendons également une immersion profonde et précoce des étudiants dans leur environnement professionnel, pour permettre la création de vraies études professionnalisantes. »

REFERENCE

  1. Atlas de la démographie médicale 2015.

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