Concert hebdomadaire à l’hôpital : amélioration de l’humeur garantie

Vincent Bargoin, avec Megan Brooks

Auteurs et déclarations

19 juin 2015

Toronto, Canada – Pour baisser le niveau de stress des voyageurs, la SNCF est bien en train d’installer des pianos en libre accès dans un certain nombre de gares. Alors pourquoi pas les hôpitaux ?

L’idée fait son chemin aux Etats-Unis, et plus précisément au Walter Reed Institute (Bethesda), premier hôpital militaire américain, où, bien conscient que la musique adoucit les mœurs, on se dit apparemment qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Présenté par le Dr Micah Sickel lors du congrès de l’American Psychiatric Association (APA 2015) [1], le programme n’est cette fois pas basé sur un piano proposé en self-service aux passants, mais sur des concerts, de tous types, organisés dans les lieux publics de l’hôpital, et accessibles à tous : patients, familles, personnel, visiteurs,…

Ces évènements musicaux ne sont en fait qu’un aspect d’un projet lancé en 2013 pour la réinsertion-réhabilitation des militaires américains, et qui comporte la participation à un certain nombre d’activité artistiques et créatives.

La conclusion du Dr Sickel est un appel : « pour le bien des patients, du personnel et de tout l’hôpital, je pense que cela vaut le coup d’organiser régulièrement des performances artistiques dans nos institutions médicales respectives ».

Succès immédiat

Lancé au rythme d’un concert par mois, le projet en est aujourd’hui à un concert hebdomadaire, avec des effets sur l’état émotionnel des publics qui paraissent extrêmement encourageants.

A une enquête menée auprès de 220 auditeurs des programmes 2013 et 2014, le Dr Sickel signale avoir obtenu « constamment les mêmes réponses ».

Avant le concert, « les gens rapportent de la tristesse, de la fatigue ou du stress ». Après le concert, l’amélioration est considérable, « avec des commentaires comportant les termes : heureux, régénéré, inspiré,… ».

Plus de 90% des répondants affirme qu’une pause concert de 15 à 30 minutes les a déstressés, précise le Dr Sickel, en ajoutant que tous les publics sont concernés, les militaires qui viennent à l’hôpital pour un traitement, mais aussi les familles, le personnel soignant et le personnel d’intendance ».

Le cas a été cité d’un patient qui prend dorénavant ses rendez-vous en fonction du planning des concerts. « Je pense que c’est parlant quant à la puissance du programme musical ».

Sans musique l’hôpital serait une erreur

Contactée par Medscape International pour commenter le programme américain, le Dr Stine Jacobsen, qui dirige le programme de musicothérapie à l’université d’Aalborg (Danemark), souligne que « l’utilisation de la musique pour créer des expériences positives, dans des lieux tels que les hôpitaux et les hospices, face à la douleur et la détresse, n’est pas inhabituel pour la musicothérapie ».

« L’influence puissante de la musique est mise à profit pour mettre les gens en relation et leur faire prendre conscience d’eux-mêmes dans des situations difficiles. Ecouter ensemble, chanter ensemble, ou jouer ensemble, comme en famille, est une expérience particulièrement puissante qui peut renforcer les liens dans la famille et favoriser des relations saines ».

A quand une expérience de ce genre en France ? Au hasard, on pourrait penser à l’Hôtel-Dieu de Paris, dont l’architecture de prêterait particulièrement bien à l’organisation de concerts, que tout un chacun pourrait suivre depuis les galeries.

 

REFERENCE :

  1. Sickel M. Effect of live music on the emotional state of patients and staff at a military treatment facility. Congrès de l’American Psychiatric Association. Scientific and Clinical reports. Toronto, 17 mai 2015.

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