Syndrome de l’intestin irritable : les traitements «complémentaires» au banc d’essai

Vincent Richeux

Auteurs et déclarations

9 avril 2015

Paris, France - - Les patients confrontés à un syndrome de l'intestin irritable (SII) ont souvent recours à des traitements complémentaires. Que leur conseiller? De l'ostéopathie à la réflexologie, en passant par l'hypnose ou la méditation, le Dr Pauline Jouet (Hôpital Louis Mourier, Colombes, AP-HP), a évoqué, à travers la littérature, plusieurs de ces thérapies [1], lors des Journées francophones d'hépatogastro-entérologie et d'oncologie digestive (JFHOD) 2015.

Dû à une hypersensibilité du colon, en lien ou non à un trouble de motricité intestinale, le syndrome de l'intestin irritable, ou colopathie fonctionnelle, se manifeste par des douleurs abdominales, une constipation, une diarrhée ou des ballonnements. Ces symptômes peuvent être chroniques ou apparaitre par poussées.

En plus des traitements habituels, près d'un tiers des patients utilisent des traitements non conventionnels, « le plus souvent de manière inappropriée, en passant d'une méthode à une autre », souligne le Dr Jouet. D'où la nécessité, selon elle, de mieux les accompagner dans leur choix.

Selon une enquête menée en 2013 par l'association des patients souffrant du syndrome de l'intestin irritable (APSSII), 33% des personnes touchées suivent aussi un traitement par homéopathie, 27% choisissent l'ostéopathie, 15% l'hypnose, 30% la relaxation et 27% l'acupuncture.

Ostéopathie: un bénéfice à confirmer

Le recours à l'ostéopathie dans le traitement de l'intestin irritable « part du principe qu'une perte de la mobilité du côlon peut être à l'origine d'une colopathie fonctionnelle », explique la gastroentérologue.

Dans une étude hollandaise, 20 patients ont vu leur qualité de vie s'améliorer de manière significative, après cinq séances d'ostéopathie [2]. Les symptômes étaient davantage atténués avec cette prise en charge, comparativement au traitement standard.

Une autre étude a confirmé ce bénéfice, en comparant, chez 31 patients, trois séances d'ostéopathie à des séances comprenant uniquement de légers massages [3]. « A un an, l'effet est significatif sur la diarrhée, les distensions, les douleurs et même sur la sensibilité rectale », a souligné le Dr Jouet.

« L'ostéopathie aurait une répercussion sur le tonus sympathique ou sur les flux lymphatiques », note la gastroentérologue. Selon elle, « les essais sont encourageants, mais les bénéfices doivent être confirmés par de plus larges études ».

Acupuncture et réflexologie: pas d'effet majeur

En ce qui concerne l'acupuncture, plusieurs études ont évalué ses effets sur le SII, avec des méthodes et des durées variables, en se focalisant sur différents points, via une stimulation manuelle ou électrique.

Publiée en 2012, une étude Cochrane a colligé 17 essais randomisés évaluant l'acupuncture sur un total de 1800 patients [4]. Dans cinq études, des applications d'aiguilles hors des points d'acupuncture ont servi de contrôle. Conclusion: « l'acupuncture n'a aucun effet » sur le SII.

La réflexologie ne s'est pas montrée plus satisfaisante. Cette

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