Collusion avec l’industrie : réactions au sommet après les révélations de Mediapart

Stéphane Le Masson

Auteurs et déclarations

30 mars 2015

Paris, France – L’influence des industriels du médicament, illustrée par l’affaire du Médiator®, vient de connaitre un nouveau tournant avec les révélations du site Médiapart. La collusion, pour ne pas dire la corruption, atteindrait les plus hautes sphères des autorités sanitaires. Des accusations graves qui ont entrainé le déclenchement d’enquêtes administratives et d’audit par l Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) et la Haute autorité de santé (HAS) [1, 2].

Par ailleurs, le collectif d’experts et d’élus emmenés par Michèle Rivasi, députée européenne Europe Ecologie les verts, a demandé à la ministre de la Santé de prendre des mesures exemplaires et d’inscrire des garde-fous dans la loi de Santé qui sera prochainement examinée.

Collusion voire corruption

L’attaque surprend par sa violence, puisqu’elle met clairement en cause les plus hautes autorités sanitaires Françaises : l’ANSM et la HAS suite aux révélations du site d’information Médiapart dont deux journalistes - Mickaël Hadjenberg et Pascale Pascariello - affirment avoir « découvert que Gilles Bouvenot (président de la commission de la transparence de 2003 à 2014), Bernard Avouac (président de la commission de la transparence de 1989 à 1998), Jean-Pierre Reynier (vice-président de la commission d’autorisation de mise sur le marché de 1994 à 2002 et membre du conseil d’administration de l’agence européenne du médicament), Christian Jacquot (membre de la commission d’autorisation de mise sur le marché de 1996 à 2012), Renée-Liliane Dreiser (ancienne experte auprès de la commission de la transparence) et quelques autres, avaient mené sans jamais les déclarer des activités rémunérées de consultants auprès des laboratoires pharmaceutiques. »

Par conséquent, on peut lire dans l’article du 24 mars 2015 de Mediapart intitulé Les gendarmes du médicament faisaient affaire avec les labos « qu’un petit groupe d’amis a parallèlement et secrètement conseillé les laboratoires sur la meilleure façon de présenter leurs dossiers. »

Audit et enquête administrative

Des accusations qui « semblent totalement déconnectées de la réalité, quand on connait Gilles Bouvenot », explique le Dr Jean-François Thébaut, membre du collège de la HAS.

Elles ont néanmoins eu pour conséquence de « déclencher un audit interne des procédures d’évaluation des produits cités » à la HAS et « d’ouvrir une enquête administrative interne afin de dresser un état des lieux sur le rôle, au sein des instances consultatives de l’Agence jusqu’en 2011, des personnes visées dans l’article ».

Les deux agences ont même décidé de « porter les faits dénoncés dans l’article Les gendarmes du médicament faisaient affaire avec les labos à la connaissance du Procureur de la République compétent, pour mener les investigations nécessaires à l’établissement de la vérité sur l’ensemble des faits relatés ».

Afssaps, ANSM…même opacité ou même transparence ?

Ces reproches de collusion, voire de corruption, passent d’autant plus mal que l’ANSM a été créée dans les suites de l’affaire du Médiator (loi du 29 décembre 2011, relative au renforcement de la sécurité sanitaire des médicaments et des produits de santé) en remplacement, de

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