Iatrogénie cardiaque : après le Médiator, d’autres médicaments suspectés

Adélaïde Robert-Géraudel

Auteurs et déclarations

29 janvier 2015

Paris, France – Difficile d’oublier l’affaire du Médiator® (benfluorex, Servier) et les dégâts causés avant lui par des anorexigènes de la même famille des fenfluramines. Il reste toutefois d’autres molécules connues ou suspectées de iatrogénie cardiaque. Une session leur était consacrée lors des Journées Européennes de la Société Française de Cardiologie (JESFC) 2015 [1].

Brève histoire de l’irresponsabilité

 
Il y a eu beaucoup de cas d’HTAP liés à ces anorexigènes mais il a fallu les valvulopathies pour nous aider à convaincre de leur dangerosité -- Pr Marc Humbert (hôpital Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre)
 

 

Les anorexigènes ont commencé à faire parler d’eux dès la fin des années 60, d’abord avec l’aminorex et le risque d’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP), puis l’Isoméride® (fenfluramine) : des médicaments coupe-faim prescrits y compris en suite de couche ou chez des femmes d’indice de masse corporelle (IMC) pas si élevé, a souligné le Pr Marc Humbert (hôpital Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre).

« Il y a eu beaucoup de cas d’HTAP liés à ces anorexigènes mais il a fallu les valvulopathies pour nous aider à convaincre de leur dangerosité », rappelle le spécialiste.

Selon la Food and Drug Administration (FDA), le fenfluramine, retiré du marché en 1997, aurait ainsi causé 30500 cas de valvulopathie.

On connaît la suite : le benfluorex, présenté comme une molécule différente, a provoqué les mêmes dégâts. En cause : son métabolite, le norfenfluramine, de la même famille que le fenfluramine.

En France, 5 millions de personnes ont été exposés au benfluorex avant son retrait en 2009. Rétrospectivement, on estime le benfluorex responsable de 3100 hospitalisations entre 1976 et 2009, et de 1300 décès (Fournier et al, 2012).

Signes de reconnaissance d’une valvulopathie médicamenteuse

Aujourd’hui, le risque de valvulopathies médicamenteuses est admis et connu. « Mais sa prévalence a sans doute été sous-estimée du fait d’une confusion avec les atteintes valvulaires rhumatismales », a souligné le Pr Christophe Tribouilloy (CHU d’Amiens).

La distinction se fait sur l’examen clinique, échocardiographique et anatomopathologique.

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