Etudes de médecine : les réponses aux 8 questions que l’on va vous poser

Dr Isabelle Catala

Auteurs et déclarations

22 janvier 2015

Paris, France – Depuis hier, les inscriptions post-bac sont ouvertes aux lycéens. En tant que médecin, vous allez probablement être sollicités par la famille, des amis ou des patients pour les conseiller sur le choix des études de médecine. Pas toujours évident tant celles-ci ont évolué depuis votre première inscription…Un récapitulatif en 8 questions/réponses.

Le site Admission Post Bac (APB)
Du 20 janvier au 20 mars 2015, le site Admission Post Bac (APB) est accessible aux lycéens en terminale [1]. Un numéro vert 0800 400 070 sera accessible à partir du 16 février.
C’est le passage quasiment obligé de tous ceux qui souhaitent suivre des études supérieures, notamment intégrer la première année commune aux études de santé (PACES).
La PACES permet d’accéder aux études de médecine, odontologie, pharmacie, maïeutique, et, dans certaines facultés, kinésithérapie. A la rentrée 2014, 58 567 étudiants s’étaient inscrits en PACES (primants et redoublants), soit une augmentation de 4 % par rapport à l’année précédente.

1. Site Admission Post Bac : où trouver la PACES ?

700 000 futurs étudiants vont devoir entrer leurs vœux sur le site APB  en choisissant parmi 11 500 formations donc inutile de se précipiter dès le 20 janvier:
Dans un premier temps, mieux vaut se familiariser avec le site, ensuite il sera toujours temps d’y inscrire ses vœux définitifs.

Sur le site APB, les PACES se trouvent dans la rubrique des licences à l’onglet « Type de formation » mention « médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique ».
Le choix des facultés s’opère différemment pour les franciliens et les provinciaux.
Pour les  provinciaux, un seul établissement est proposé et sur le site, à la rubrique « En savoir plus », on trouve les coordonnées de l’établissement, le montant des frais d’inscription, les dates des journées portes ouvertes, le nombre de places…
Pour les franciliens, le choix entre les 7 facultés parisiennes est plus complexe.

2. Quelle faculté choisir ?

Pour les non franciliens : il est toujours préférable de choisir une PACES proche de son domicile pour ne pas perdre de temps en transports et se concentrer sur ses études.
Il est possible d’effectuer plusieurs candidatures en cliquant sur « Ajouter une formation » sur le site et en ordonnant ses vœux. Mais par précaution, il est conseillé de faire acte de candidature systématiquement dans la faculté de son académie.

Pour les franciliens : la procédure d’inscription est particulière. Pour s’inscrire dans l’une des 7 universités de la région parisienne, il convient de sélectionner le vœu générique « UFR en Ile-de-France » [2]. Puis, il faut saisir quatre choix ordonnés d’universités parmi les 7 proposées.
Sur quel critère choisir ? La proximité géographique de l’université et des hôpitaux qui lui sont rattachés est essentielle.  Certains prennent aussi en compte la taille de la faculté, la possibilité de tutorat, les coefficients par matière…

Inscription hors académie
Pour les bacheliers qui souhaiteraient s’inscrire dans une université hors académie et les étudiants qui veulent se réorienter, la demande APB ne suffit pas. Ils doivent en effet adresser une demande de dérogation auprès de la faculté désirée. Les demandes sont étudiées par des commissions spécifiques : sont pris en compte les déménagements, les problèmes de santé… Une lettre de motivation est nécessaire.

3. Comment se passe l’affectation ?

En province : théoriquement tous les candidats de l’académie doivent être acceptés. Néanmoins, au moins une faculté – Clermont Ferrand – limite le nombre d’inscrits.

En région Ile-de-France : les candidats sont répartis dans les 7 établissements selon plusieurs critères : ordre de vœux, bac, série, mention… En théorie, toutes les facs devraient être homogènes et accepter le même nombre d’élèves qui auront obtenu des mentions très bien, bien et passable… Pour cela, le dossier scolaire et le type d’établissement fréquenté en terminale sont pris en compte.

Si l’affectation n’est pas satisfaisante, les possibilités de recours sont limitées. Une permutation entre étudiants est possible après accord des deux établissements. Enfin, il est possible de saisir le doyen pour faire passer son dossier en commission de pré-rentrée.

4. Quelles conditions d’étude et de réussite par fac ?

Le nombre d’étudiants en PACES a augmenté de 4 % entre 2013 et 2014, mais cette augmentation est plus marquée dans certaines facultés : Angers (20,3 %), Saint-Etienne (15,6 %), Brest (13,5 %), Reins (12,7 %).  A Pointe à Pitre, le nombre des étudiants a augmenté de 25 %.

C’est à Lille que les effectifs de PACES sont les plus pléthoriques (3 401 étudiants), devant Marseille (3 186), Montpellier (2 609), Bordeaux (2 594) et Paris V et VI (2 500 chacune).
Toutes les facultés sont en sureffectif et les cours sont diffusés simultanément dans plusieurs amphithéâtres. La faculté de Clermont-Ferrand a limité sa capacité à 1 250 places.

Certains étudiants prennent aussi en compte le numerus clausus puisque certaines facultés (celles qui concentrent le plus d’étudiants) sont plus richement dotées : sur les 7 497 places en médecine, 411 sont réservées à l’université Lyon 1, alors que seules 19 étudiants de PACES de Polynésie Française intégreront le cursus de médecine [3].

Le Ministère de l’enseignement supérieur a diffusé une analyse des facultés les plus sélectives pour 2012-2013 : la moyenne nationale est de 13,4 %. L’Université Montpellier 1 est la plus sélective (209 places en médecine pour 2 360 demandes) et la faculté de médecine libre de Lille (Lille Catho) admet 104 étudiants en médecine sur les 500 étudiants inscrits après sélection de dossiers [4].

5. Quel bac ? Quelle mention ?

Une très grande majorité des étudiants en PACES sont détenteurs d’un bac S, et plus de 95 % des personnes qui réussissent leur PACES médecine sont issus d’une filière scientifique.
Certaines facultés (Orsay Paris XI, par exemple [5]) proposent une année de mise à niveau pour les bacheliers non scientifiques.

A savoir : L’option SVT n’est pas obligatoire pour réussir le concours puisque les cours de PACES sont conçus indépendamment de programme du lycée.

Quid des mentions ? Globalement, les mentions n’influent que sur le résultat des primants : le taux de réussite est de 50% pour les mentions très bien, 15 % pour les mentions bien et 5 % pour les mentions assez bien. Pour les doublants, l’impact de la mention est moins marqué.

6. Faut-il s’attendre à redoubler ?

En PACES, quatre types d’étudiants coexistent : les primants, les doublants, les rares triplans, et les étudiants qui ont connu un autre parcours (passerelles). De manière très schématique, on compte 60 % de primants et 40 % de doublants inscrits en PACES. Mais paradoxalement, au cours de PACES, 60 % de doublants et 40 % de primants réussissent. Redoubler sa PACES est donc souvent nécessaire pour réussir, sauf pour certains primants qui ont obtenu un bac S avec mention très bien.

7. La prépa est-elle incontournable ?

En PACES, quatre types d’étudiants coexistent : les primants, les doublants, les rares triplans, et les étudiants qui ont connu un autre parcours (passerelles). De manière très schématique, on compte 60 % de primants et 40 % de doublants inscrits en PACES. Mais paradoxalement, au cours de PACES, 60 % de doublants et 40 % de primants réussissent. Redoubler sa PACES est donc souvent nécessaire pour réussir, sauf pour certains primants qui ont obtenu un bac S avec mention très bien.

Le suivi des cours parallèles privés n’augmente en aucun cas les chances de réussite pour le concours du PACES. Pourtant, chaque année, un grand nombre d’étudiants sont inscrits dans des « prépas ». Certains sélectionnent leurs étudiants pour garder des taux de réussite importants.

Passage obligé ? Les cours privés peuvent être un bon moyen de prendre confiance, d’acquérir de la méthode et de se situer par rapport aux autres. Mais ne garantissent en rien le succès au concours et leur coût est parfois très important (3 000 à 5 000 euros par an). Enfin, certains étudiants sont faussement rassurés par leurs notes obtenues aux concours blancs, et ils échouent le jour J.

Certaines prépas proposent des cours dès l’été précédent la PACES en mettant en avant l’impact des résultats au premier partiel de décembre qui peuvent, dans certaines facultés, conduire à une réorientation des 15 % d’étudiants les plus mal classés. Mais, globalement, les anciens étudiants et les enseignants déconseillent ce type de « bachotage ».

Si néanmoins l’étudiant choisit de faire une prépa, il est conseillé de solliciter les anciens étudiants avant de faire son choix en prenant en compte le prix, les professeurs, le nombre d’étudiants, et le temps passé à suivre des cours supplémentaires…

8. Faut-il acheter ou récupérer les cours des anciens ? Et les anales ?

Bien que ce soit un piège connu, les annonces de « vendeurs de cours » fleurissent chaque année dans les facultés. S’ils peuvent aider à la compréhension de l’exposé du professeur en amphi, ils ne doivent en aucun cas se substituer au cours actualisé dont certains détails peuvent faire l’objet de questions au concours. Les annales en PACES sont, en revanche, importantes, voire indispensables à la préparation du concours pour en connaître mieux sa réalité.

Le tutorat à l’université : l’alternative qui gagne du terrain
Pour rétablir l’équilibre entre les étudiants qui avaient les moyens de suivre des cours privés et les autres, les facultés de médecine de France ont mis en place depuis 2010 un système de tutorat [6]. Gratuit ou presque (jusqu’à 50 euros dans certaines villes), le tutorat assure le même rôle qu’une « prépa » privée : séances de groupe hebdomadaires, d’enseignements dirigés (ED), colles, concours blancs…
Les objectifs du tutorat sont multiples : accompagnement des étudiants de PACES durant cette année difficile (aide à l'apprentissage, de conseils d'organisation, de méthodologie, d'une aide dans les révisions), parrainage personnalisé de chaque étudiant par un étudiant de 2ème année "parrain" (personne de confiance, régulièrement disponible, pour poser ses questions, demander des conseils, confier le vécu de son année), contribution à  une égalité des chances dans l'enseignement public face aux organismes privés. Le tutorat est généralement assuré par les étudiants de 2ème et 3ème années des études de santé avec un fort soutien des facultés, tant sur le plan logistique que pédagogique, ainsi que des associations étudiantes.

REFERENCES :

  1. Admission Post Bac : les nouveautés de la procédure A.P.B. 2015. Inscriptions du 20 janvier au 20 mars 2015. Ministère de l’enseignement supérieur.

  2. https://www.ac-paris.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2014-06/sante_-_1ere_annee_commune_aux_etudes_de_sante_paces_2014.pdf

  3. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000030005467&dateTexte=&categorieLien=id

  4. http://www.e-orientations.com/actualites/classement-des-facultes-de-medecine-francaises-les-plus-selectives-14207

  5. Préparation aux cursus scientifiques d'Orsay (PCSO)

  6. Site commun des tutorats

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