POINT DE VUE

Ebola: quel risque en France?

29 septembre 2014

Le blog du Pr Christian Perronne – Infectiologue

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L’actualité sur l’épidémie d’Ebola bouge rapidement. Selon les sources OMS, près de 5000 cas d’infection Ebola sont répertoriés en Afrique avec 50% de mortalité et on recense 120 soignants décèdés de la maladie. Les pays les plus touchés sont le Liberia, la Sierra Leone et la guinée Conakry mais d’autres pays ont eu des épidémies d’ampleur beaucoup plus faible.

Signes cliniques :

L’incubation de la maladie va de quelques jours à trois semaines avant l’apparition des symptômes marqués par une forte fièvre, des vomissements et de la diarrhée. Des hémorragies peuvent survenir quelques jours plus tard.

Mode de transmission :

Concernant la transmission, des points très importants sont à connaitre :

- la maladie n’est pas contagieuse avant le début des symptômes

- quand la maladie est déclarée, la transmission se fait par un contact physique rapproché ou un contact avec des surfaces souillées par des liquides biologiques : vomissement, diarrhée, sang, linge souillé éventuellement.

- il n’y a pas de transmission aérienne sauf projection massive

- la maladie ne peut pas être transmise par les insectes.

En Afrique, un facteur majeur de transmission est la participation aux rites funéraires car la famille et les proches viennent toucher le mourant ou le mort avant son inhumation. Comme il n’y a pas de possibilité de se laver les mains, des familles entières ont ainsi été décimées par la maladie.

 

Quel est le risque en France aujourd’hui ?

Il est possible qu’une personne, en provenance d’un pays à risque, entre en France en phase d’incubation et déclenche la maladie dans les 3 semaines. Si la personne n’a fait que transiter dans un pays à risque, le diagnostic d’Ebola pourrait ne pas être évoqué. Dans ce cas, devant un tableau fébrile, il est possible qu’on pense à un paludisme ou à une fièvre typhoïde. Il est pourtant impératif d’évoquer d’emblée Ebola et au moindre doute, d’appeler le centre 15 pour savoir comment répertorier le malade. En cas de doute, il faut immédiatement isoler la personne dans une chambre à part, prendre des mesures pour se protéger soi-même : gants, masque, tablier, désinfection des mains avec une solution hydro-alcoolique (virus Ebola très sensible) et nettoyer les surfaces souillées avec de l’eau de javel diluée.

Si un cas arrivait en France, il y aurait effectivement possibilité de transmission à l’entourage directe en l’absence d’évocation du diagnostic. Mais le système sanitaire français mettrait en place des règles d’hygiène et d’isolement qui permettrait d’enrayer rapidement l’épidémie.

Traitement

Concernant le traitement, la prise en charge précoce via des mesures symptomatiques, réhydratation, transfusions, traitement d’un éventuel choc permet de réduire considérablement la mortalité (guérison dans 80% des cas).

Aucun vaccin n’est disponible pour l’instant. L’OMS préconise l’utilisation du sérum de convalescent pour réduire les complications de la maladie mais sans preuve formelle d’efficacité. Quelques essais avec des anticorps monoclonaux sont en cours aux Etats-Unis, notamment sur le personnel soignant contaminé.

De nouveaux antiviraux, testés chez la souris ont obtenu des résultats encourageants. Des recherches cliniques devraient être très rapidement débutées en Afrique pour vérifier leur efficacité.

Auteur :

Pr Christian Perronne

Professeur de maladies infectieuses

Chef de département

Hôpital Universitaire Raymond Poincaré

Garches

Déclaration d’intérêts :

Le Pr Perronne n’a pas de relation financière pertinente à déclarer.

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