Sécurité des nouveaux antidiabétiques : où en sommes-nous ?

24 septembre 2014

L'interview minute à l’EASD 2014

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Plus de la moitié des diabétiques meurent de maladies cardiovasculaires. Il est particulièrement important de savoir si les médicaments que l’on donne pour contrôler la glycémie  préviennent cette surmortalité cardiovasculaire, d’autant que certains produits comme la rosiglitazone ont montré au contraire qu’ils pouvaient majorer ce risque.

Depuis 2008, date des déconvenues avec la rosiglitazone, la FDA a demandé de démontrer la sécurité cardiovasculaire de tout nouvel antidiabétique.

Cela peut se faire en deux étapes. La première par méta-analyse des études de phase 2 et 3 pour prouver qu’il n’y a pas de surmortalité mais il faut savoir qu’aucune des études entrant dans la méta-analyse n’a été conçue pour démontrer spécifiquement la sécurité cardiovasculaire.

La deuxième étape consiste à  réaliser des  essais contrôlés versus placebo ou versus une autre molécule active pour démontrer,  dans un premier temps, que le nouveau médicament n’augmente pas le risque cardiovasculaire. Ceci avec des études de non-infériorité.  Dans un second temps, si possible, il faut voir si l’antidiabétique ne permet pas, au contraire, de réduire le risque vasculaire. 

Les études sont en cours. Les premières, déjà publiées, ont été menées avec les inhibiteurs DPP-4 ou gliptines. Une avec la saxagliptine chez des coronariens instables vs placebo (SAVOR), l’autre avec l’alogliptine en post-SCA récent (EXAMINE). Les deux études ont observé une incidence identique des événements cardiovasculaires dans les deux groupes (études de non infériorité). Ces résultats sont rassurants pour les inhibiteurs de la DPP-4.

On attend maintenant les résultats de TECOS (mi-2015) avec la sitagliptine, CARMELINA (linagliptine versus placebo) et CAROLINA (linagliptine versus glimepiride) qui est la seule étude comparant un DPP-4 à un sulfamide.

Pour les agonistes GLP-1, on attend l’étude LEADER avec le liraglutide, EXSCEL avec l’exenatide retard et, d’autres essais avec des GLP-1 à administration hebdomadaire (résultats dans 1-2 ans).

Enfin, les inhibiteurs de SGLT2 ou gliflozines, derniers arrivés sur le marché, font l’objet de 3 grands essais multicentriques contrôlés versus placebo chez des patients diabétiques 2 à haut risque vasculaire par ailleurs traités de manière optimal: avec la canagliflozine (essai CANVAS), avec l’empagliflozine (EMPA-REG OUTCOME) et la dapagliflozine (essai DECLARE).  Les résultats sont attendus dans 2 ou 3 ans.

On peut espérer que ces antidiabétiques qui font perdre du poids et baisser la pression artérielle apportent une certaine protection cardiovasculaire mais ces molécules perturbent également légèrement  le bilan lipidique.

On ne peut pas préjuger actuellement du l’effet neutre, néfaste ou bénéfique de ces nouveaux antidiabétiques oraux sur le plan cardiovasculaire.

Et malheureusement, aucune de ces études n’est une comparaison directe, on peut anticiper de longues discussions sur leurs effets respectifs…

Auteur :

Pr André Scheen

Président de la Société Francophone du Diabète

Université de liège, Belgique

Déclaration de liens d’intérêts :

Le Pr Scheen a déclaré des liens d’intérêt potentiels (conférencier, conseil scientifique, investigateur) pour : Sanofi Lilly, Novo Nordisk, Lilly, Boehringer, AstraZeneca BMS, MSD, Takeda, Janssen Lilly.

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