PALB2 : un nouveau gène à haut risque de cancer du sein

Aude Lecrubier

Auteurs et déclarations

7 août 2014

Cambridge, Royaume-Uni – Les femmes porteuses de mutations du gène PALB2 auraient un sur-risque de cancer du sein équivalent à celles dont gène BRCA2 est muté, d’après les travaux de chercheurs européens publiés dans le New England Journal of Medicine [1].

Même si ces mutations sont plus rares que celles du gène BRCA2, le risque de cancer du sein des personnes qui les portent, même en absence d’antécédents familiaux de cancer du sein, « peut être considéré comme élevé », indiquent les auteurs de l’étude, le Dr Marc Tischkowitz et coll. (Cambridge, Royaume Uni).

« Ce niveau de risque pourrait justifier d’ajouter la recherche de mutations pour le gène PALB2 à celle des gènes BRCA1 et BRCA2 », ajoutent-ils.

Un risque multiplié par 8 à 9 avant 40 ans

Les mutations entraînant la perte de fonction du gène PALB2 sont connues pour conférer une prédisposition aux cancers du sein et de la prostate. Mais, le sur-risque associé à ces mutations aux différents âges de la vie et en fonction du contexte familial n’avait, jusqu’ici, pas été étudié.

C’est désormais chose faite pour le cancer du sein grâce au PALB2 Interest Group formé en 2009 qui a inclus 14 groupes de recherche à travers 8 pays dont les Etats-Unis; le Canada, l’Europe et l’Australie.

En analysant 362 membres (311 femmes et 51 hommes) de 154 familles ayant des mutations entraînant l’inactivation du gène PALB2, les chercheurs ont pu estimer que les porteurs de telles mutations avaient un risque multiplié par 9,5 de développer un cancer du sein par rapport à la population générale au Royaume-Uni.

Le risque était multiplié par 8 ou 9 chez les femmes porteuses de mutations de moins de 40 ans, par 6 à 8 entre 40 et 60 ans, et par approximativement 5 après 60 ans, comparé à la population générale.

Cette augmentation plus importante du risque chez les plus jeunes femmes a également été rapportée pour les mutations BRCA1 et BRCA2, soulignent les chercheurs.

En revanche, aucune augmentation significative de cancers de l’ovaire n'a été observée chez les femmes porteuses des mutations de PALB2.

Utiliser les informations génétiques dans le contexte familial et environnemental

Le risque absolu de cancer du sein des femmes porteuses de ces mutations à 70 ans était de 33% (IC 95%, 24 à 44) chez celles qui n’avaient pas d’antécédents de cancer du sein dans leur famille et de 58% (IC 95%, 50 à 66) chez celles qui avaient au moins 2 parents au premier degré qui avaient déclaré un cancer du sein avant l’âge de 50 ans.

« Les auteurs confirment que les estimations moyennes du risque augmentent de façon importante lorsqu’elles sont évaluées en fonction du génotype et de l’histoire familiale. Cela souligne la nécessité d’utiliser les informations génétiques dans le contexte de l’histoire familiale et des différents modes de vie lorsqu’on évalue le risque », commentent les Drs Michele K. Evans et Dan L. Longo dans un éditorial accompagnant l’article [2].

Les auteurs soulignent que des études de plus grande taille et, si possible, prospectives seront nécessaires pour mieux caractériser les risques associés aux mutations de PALB2, pour évaluer le rôle des différents modes de vie et de l’utilisation des traitements hormonaux chez les porteuses de ces mutations, pour savoir s’il existe des différences en fonction du pays d’origine, et pour confirmer que ces mutations sont également associées à un sur-risque de cancer du sein chez les hommes.

Dans cette étude, le risque de cancer du sein des hommes porteurs de ces mutations était multiplié par 8 par rapport à la population générale mais l’intervalle de confiance était large.

En pratique, reste à déterminer l’intérêt d’une surveillance accrue ou de la chirurgie conservatrice chez les femmes porteuses de mutations PALB2 comme c’est le cas pour les femmes porteuses de mutations du gène BRCA2.

REFERENCES:

  1. M. Tischkowitzet coll. Breast-Cancer Risk in Families with Mutations in PALB2. N Engl J Med 2014;371:497-506.7 août 2014

  2. Evans MK, Longo DL. PALB2 mutations and breast-cancer risk. N Engl J Med 2014;371 ;6. 7août 2014.

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